La démocratie Berlusconique
Monstrueuse aberration, ou révélateur d’une évolution largement partagée ? En fuyant les idées reçues sur la culture politique italienne, on voit mieux les Berlusconi qui nous entourent.
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Notes
1| Cet article date de juin 2005. Silvio Berlusconi a été président du Conseil une première fois en 1994-1995, pendant sept mois. Revenu au pouvoir en 2001, il y est resté jusqu’en 2006 : une longévité record dans l’histoire d’une République italienne qui avait vu défiler 57 gouvernements en 58 ans. Berlusconi a de nouveau remporté les élections législatives en avril 2008.
2| Les « vieilles règles » en question sont celles de la Ire République italienne, dominée par la toute-puissante démocratie chrétienne, qui faisait et défaisait les gouvernements au gré de ses humeurs et de ses alliances. Ce système a implosé entre 1992 et 1994, à la suite des enquêtes judiciaires (Mani Pulite) et de l’introduction du scrutin majoritaire.
3| La Grande-Bretagne et la France sont constituées, sous la forme d’un État-nation parlementaire et ans leurs contours géographiques actuels, au XVIIIe siècle. L’Allemagne et l’Italie au XIXe siècle. (Ndlr)
4| Le « familialisme amoral » est une expression forgée par le sociologue américain Edward Banfield dans les années 1950 pour désigner le comportement qui privilégie les intérêts de la famille dans les sociétés méditerranéennes. (Ndlr)
Bibliographie
Jean-Louis Briquet, Mafia, justice et politique en Italie, Karthala, 2007.
Éric Jozsef, Italie, les années Cavaliere. De Berlusconi à Berlusconi, Éditions
du Cygne, 2008.
Marc Lazar, L’Italie à la dérive. Le moment Berlusconi, Perrin, 2006.
Hugues Portelli, L’Italie de Berlusconi, Buchet-Chastel, 2006.
Livres dans d’autres langues
Ivo Diamanti, Bianco, rosso, verde et azzurro. Mappe della nueva Italia politica, Il Mulino, 2003 (italien).
Michael Shin, John Agnew, Berlusconi’s Italy. Mapping contemporary Italian politics, Temple University Press, 2008 (anglais).
Alexander Stille, Citizen Berlusconi, Beck, 2005 (allemand).
Sources de l'article
La Rivista dei Libri
Créé en 1991 à Florence, ce mensuel est une version italienne de la New York Review of Books. Le journal propose une sélection de traductions d’articles initialement parus dans la New York Review of Books ainsi que plusieurs articles originaux italiens, rédigés par les meilleurs spécialistes dans des domaines aussi variés que les sciences politiques, la philosophie, l’histoire de l’art et des sciences ou la critique littéraire.
Repères
1898. Guerre américano-espagnole. L’Espagne reconnaît l’indépendance de Cuba et cède Porto Rico aux États-Unis.
1910. Révolution mexicaine et début
de la guerre civile. 219 000 Mexicains s’exilent aux États-Unis.
1917. Loi Jones. Les Portoricains deviennent citoyens américains. 35 000 d’entre eux s’installent à New York.
1920-1930. Durant cette période d’expansion, 459 000 Mexicains émigrent légalement aux États-Unis.
1942. Entrée en guerre des États-Unis. Mise en place du programme Bracero (de brazo, bras), qui sera maintenu jusqu’en 1964. 4,6 millions de braceros latino-américains viendront renforcer la main-d’œuvre américaine.
1945-1960. 30 000 à 45 000 Portoricains s’installent chaque année aux États-Unis.
1959. Révolution cubaine. 250 000 réfugiés politiques débarquent à Miami.
1961. Chute de Rafael Trujillo en République dominicaine. Début
de la grande migration dominicaine.
1965-1973. Fidel Castro autorise 300 000 Cubains à rejoindre leurs parents aux États-Unis.
1980. Le régime castriste laisse partir 125 000 Cubains vers la Floride.









Federico Rampini est éditorialiste et correspondant de La Repubblica à Pékin. Professeur aux universités de Berkeley et Shanghai, il a publié de nombreux livres, dont Effet euro. Capitalisme italien, modele européen, défi américain (Longanesi,2002), Les Peurs de l’Amérique (Laterza, 2003), Le Siècle chinois (Mondadori, 2005), traduit en français sous le titre L’Ombre de Mao (Robert Laffont, 2008).


















