Société & politique

Mercredi 29 juin 2011

Numéro 24

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Les Japonaises sous l’empire du bento

Au Japon, être mère, c’est souvent n’être que cela. Dans une société qui assigne aux seules femmes la charge de l’éducation, la maternité exige un dévouement absolu. Témoin le bento, cette boîte-repas préparée chaque jour avec des trésors d’inventivité et une grande anxiété pour les bambins de maternelle.

Le Livre

Désirs permis et interdits. Mères, BD et censure au Japon
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Anne Allison est professeur d’anthropologie culturelle à l’université Duke, aux États-Unis. Spécialiste de la société japonaise, elle a également écrit un livre sur les bars à hôtesses, Nightwork (« Travail de nuit »). Elle travaille aujourd’hui notamment sur la question des salariés précaires.

par Anne Allison

University of California Press

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 Les petits Japonais qui se rendent à l’école pour la première fois emportent avec eux leur déjeuner, dans une boîte préparée par leur mère à la maison. Ces bentos sont généralement très élaborés : une multitude de mini-portions modelées avec art et disposées avec précision dans une jolie barquette. La maman y consacre énormément de temps et d’attention, pour faire plaisir à son enfant et montrer qu’elle est une bonne mère. Agencer des aliments dans un bento fait partie du quotidien au Japon : on en vend dans les gares et dans les établissements de restauration rapide, on les emporte au bureau. Son adoption dès la maternelle peut donc paraître parfaitement naturelle aux habitants de l’Archipel et anodine aux étrangers. Mais, dans ce pays, rien de ce qui concerne la nourriture n’est ordinaire ni fantaisiste. Le petit élève devant avaler rapidement et entièrement son bento, celui-ci doit être conçu par la mère de manière à lui faciliter la tâche. Anthropologue et mère d’un enfant qui a fréquenté une école maternelle de Tokyo pendant quinze mois, je fonde mon analyse sur mes propres observations, mes conversations avec d’autres mères ou la maîtresse de mon fils, la lecture de magazines et de livres de cuisine consacrés au bento, la participation aux sorties et autres rituels scolaires, les réunions de l’association des mères, ainsi que sur les multiples expériences vécues par (...)

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Commentaires
  • Wow je pensais pas ça si.... " jugeront à cette aune de la qualité de la mère." ça reste un repas quoi ^^

    Rédigé par : Delph Van Laere le 13/04/2012

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Notes

 

Bibliographie

Raphaëlle Choël et Julie Rovéro-Carrez, Tokyo Sisters. Dans l’intimité des femmes japonaises, Autrement, 2010. Chroniques de la vie des Japonaises, au gré de centaines de rencontres avec une journaliste et une spécialiste d’art contemporain. Mariées ou célibataires, femmes au foyer ou non, elles se livrent comme jamais.

Anne Garrigue, Japonaises, la révolution douce, Philippe Picquier, 2000. Un portrait du Japon à travers ses femmes et leurs mutations. Par une journaliste.

Jean-François Sabouret et Daisuke Sonoyama (dir.), Liberté, inégalité, individualité. La France et le Japon au miroir de l’éducation, CNRS Éditions, 2008. Une comparaison riche d’enseignements.

Claude Lévi Alvarès et Manabu Safo (dir.), Enseignants et écoles au Japon. Acteurs, système et contexte, Maisonneuve & Larose, 2007. Le livre de référence sur le système scolaire japonais.

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L'auteur de l'article

Anne Allison

anne allison1

Anne Allison est professeur d’anthropologie culturelle à l’université Duke, aux États-Unis. Spécialiste de la société japonaise, elle a également écrit un livre sur les bars à hôtesses, Nightwork (« Travail de nuit »). Elle travaille aujourd’hui notamment sur la question des salariés précaires.

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