Société & politique

Lundi 26 avril 2010

Numéro 13

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Les vertus cachées des bidonvilles

On les voit comme des îlots de misère et d’insalubrité, et ils le sont. Mais les bidonvilles sont aussi bien autre chose : de véritables laboratoires urbains où s’inventent des manières de faire très économes en ressources et en énergie. Ce qui fait d’eux les meilleurs élèves d’une classe globalement vertueuse en matière d’environnement, les villes. Car, n’en déplaise aux esprits nostalgiques, à Bombay comme à New York, les citadins respectent davantage la planète que les autres.

Le Livre

Le Défi des bidonvilles. Rapport mondial sur les établissements humains
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ONU-Habitat est le programme des Nations unies pour les établissements humains. Chargé de l’amélioration de l’environnement, il a notamment pour vocation d’aider les citadins pauvres en favorisant la prise en compte de leurs besoins par les villes.

par ONU- Habitat

ONU-Habitat

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En 1983, l’architecte Peter Calthorpe laissa tomber San Francisco, où il avait tenté sans succès d’organiser des communautés de quartier, pour emménager sur un bateau à Sausalito, sur la baie de San Francisco. Il échoua sur le South 40 Dock, où j’habite aussi, segment d’un ensemble de quatre cents maisons flottantes qui possède la plus forte concentration de logements de toute la Californie. Sans aucun effort, il s’était créé là une communauté animée et fière d’elle-même, où nul ne verrouillait sa porte. Cherchant à identifier ce qui, dans sa conception, la faisait ainsi fonctionner, Calthorpe s’avisa que c’était le dock lui-même, et la densité de population. Tous les habitants passaient à pied chaque jour devant les bateaux des uns et des autres, au gré de leurs allées et venues entre le ponton et le parking. Tous connaissaient les visages, les voix et les chats de leurs voisins. C’était une communauté, jugea Calthorpe, parce qu’on pouvait y marcher.

Fort de cette intuition initiale, il devint l’un des fondateurs du new urbanism, avec Andrés Duany, Elizabeth Plater-Zyberk et d’autres (1). En 1985, il imagina le concept de « potentiel piétonnier » dans « Redéfinir les villes », un article publié par la Whole Earth Review, un magazine alternatif américain traitant des questions de technologie, de vie collective et d’environnement. Depuis, le « nouvel urbanisme&nbs (...)

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Notes

1| Ce courant architectural et urbanistique américain a été fondé au début des années 1990 par des professionnels s’opposant au type de développement périurbain dominant l’Amérique du Nord depuis la Seconde Guerre mondiale, favorable à l’étalement urbain. Il défend l’idée de villes recentrées, plus soucieuses des piétons, favorables aux transports collectifs.

Bibliographie

Julien Damon (dir.), Vivre en ville, PUF, 2008. Un baromètre de la vie urbaine, fondé sur une enquête de l’Observatoire des modes de vie urbains, destiné à paraître tous les deux ans.

Mike Davis, Le Pire des mondes possibles. De l’explosion urbaine au bidonville global, La Découverte, 2006. Le brûlot du pape du catastrophisme urbain.

Olivier Mongin, La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation, Seuil, 2005. Réflexion du directeur de la revue Esprit sur la nécessité de repenser la ville dans un monde où les flux semblent compter plus que les lieux.

Thierry Paquot, Terre urbaine. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète, La Découverte, 2006. La révolution urbaine planétaire analysée sous tous ses aspects par l’un des meilleurs spécialistes français de la question, grand amoureux de la ville.

Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, Intouchable Bombay. Le bidonville des travailleurs du cuir, CNRS, 2002. Une exceptionnelle enquête de terrain sur les logiques sociales et économiques à l’œuvre dans le bidonville de Dharavi, à Bombay.

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L'auteur de l'article

Stewart Brand

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À 72 ans, le biologiste Stewart Brand est l’un des écologistes les plus influents et les plus controversés de la planète. Cette figure du mouvement hippie est notamment connue pour avoir créé le Whole Earth Catalog, célébrissime guide pratique de la vie écologique, publié de manière plus ou moins épisodique jusqu’en 1998. Son dernier livre, Whole Earth Discipline. An Ecopragmatist Manifesto, (« Une discipline de la Terre. Un manifeste écopragmatiste »), bouscule bon nombre d’idées écologistes concernant les OGM, l’énergie nucléaire, la surpopulation et l’urbanisation.

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