Les vertus cachées des bidonvilles (suite)
Le Livre
Le Défi des bidonvilles. Rapport mondial sur les établissements humains
par ONU- Habitat
ONU-Habitat
© Atul LOKE/Panos/REA
Le bidonville de Dharavi, à Bombay, a fait de la récupération un mode de vie, avec ses quatre cents unités de recyclage (ici, du plastique) et ses trente mille.
New York, le lieu le plus vert des Etats-Unis
Dans son article de 1985, Calthorpe avait formulé une opinion qui continue d’en agacer plus d’un : « La ville est la forme d’établissement humain la plus bénigne pour l’environnement. Chaque citadin consomme moins de terre, d’énergie, d’eau, et pollue moins que l’habitant de lieux de plus faible densité. » En 2004, David Owen publiait à l’avenant, dans le New Yorker, un article au titre explosif : « G (...)
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Notes
3| Michael L. Rosenzweig, professeur d’écologie à l’université d’Arizona, propose une « écologie de la réconciliation » pour harmoniser les rapports des hommes avec les écosystèmes : les aménagements (villes, routes, etc.) doivent être conçus pour favoriser la biodiversité.
Bibliographie
Mike Davis, Le Pire des mondes possibles. De l’explosion urbaine au bidonville global, La Découverte, 2006. Le brûlot du pape du catastrophisme urbain.
Olivier Mongin, La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation, Seuil, 2005. Réflexion du directeur de la revue Esprit sur la nécessité de repenser la ville dans un monde où les flux semblent compter plus que les lieux.
Thierry Paquot, Terre urbaine. Cinq défis pour le devenir urbain de la planète, La Découverte, 2006. La révolution urbaine planétaire analysée sous tous ses aspects par l’un des meilleurs spécialistes français de la question, grand amoureux de la ville.
Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, Intouchable Bombay. Le bidonville des travailleurs du cuir, CNRS, 2002. Une exceptionnelle enquête de terrain sur les logiques sociales et économiques à l’œuvre dans le bidonville de Dharavi, à Bombay.
Sources de l'article
Prospect
Le bel avenir des villes
Depuis 2008, pour la première fois de son histoire, l’humanité vit en majorité dans des villes. Et d’ici 25 ans, la planète comptera deux milliards de citadins supplémentaires. Les défis que représente cette explosion urbaine pour les sociétés et pour l’environnement sont si considérables que beaucoup la redoutent. L’urbaniste canadien Jeb Brugmann n’est pas de ceux-là. Son récent ouvrage, Welcome to the Urban Revolution, se veut résolument positif. À ses yeux, les villes offrent aux individus de telles opportunités que l’exode rural est inévitable. Or, derrière l’apparence anarchique du processus, ce sont des systèmes économiques et sociaux performants qui émergent.
Rien n’en témoigne davantage à ses yeux que le bidonville de Dharavi à Bombay : « Dharavi est la pierre de Rosette permettant de comprendre la manière dont fonctionne l’avantage urbain, écrit Brugmann ; sans idées ni plans importés, sans capital étranger, sans régulation gouvernementale, sans schémas d’investissement. Ici, à Dharavi, la logique fondamentale de la construction urbaine se donne à voir à l’état brut ». Avec une concentration humaine qui réduit les coûts de transport, favorise les synergies et les économies d’échelle, Dharavi révèle en quelque sorte l’ADN de l’urbanisation. « On pourrait comparer le phénomène au jazz, souligne Salem Alaton dans la Literary Review of Canada, où les libertés de forme et de structure se combinent pour faire système ».
Fervent admirateur des dynamiques locales et critique passionné de la planification par le haut, Brugmann s’indigne de la manière dont la ville est devenue au fil du temps un produit industriel standardisé. Une ville réussit quand les urbanistes sont à l’écoute des besoins des habitants, martèle-t-il. Et pour cela, la qualité du leadership politique est essentielle.
Mais cette valorisation systématique du local, sans considération pour les valeurs qu’il véhicule, cette confiance en l’alliance vertueuse des mécanismes du marché (dont témoigne l’entreprenariat des bidonvilles) et du leadership politique, laisse Alaton dubitatif : « Lequel d’entre nous peut légitimement se prononcer sur le caractère acceptable des conditions de vie à Dharavi ? »



























