Société & politique

Mercredi 16 décembre 2009

Numéro 11

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William Julius Wilson : « Les États-Unis ne sont pas une société postraciale »

Près de 20 % des Noirs vivent encore dans des ghettos. Comme en Afrique du Sud, cette réalité traduit une inégalité socio-économique structurelle, qui affecte les familles les plus défavorisées, nourrit la violence et la consommation de drogues.

Le Livre

Plus que la race. Être noir et pauvre dans le ghetto
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William Julius Wilson est professeur de sociologie à Harvard. Il a le premier introduit la question sociale au cœur de la question raciale, avec son livre fondateur, The Declining Significance of Race (« La signification déclinante de la race »), qui lui valut l’opprobre de nombreux intellectuels noirs. Un seul de ses livres est traduit en français : Les Oubliés de l’Amérique (Desclée de Brouwer, 1994).

par William Julius Wilson

W.W. Norton, non traduit.

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Vous n’avez pas caché votre enthousiasme pour le discours de Barack Obama sur la question noire pendant sa campagne. Pensez-vous que sa présence à la Maison-Blanche soit susceptible de réduire la fracture raciale américaine ?

Beaucoup me verront sans doute comme un incurable optimiste, mais j’ai vraiment le sentiment que la manière dont Obama formule ces problèmes peut conduire les Américains à mieux comprendre la nature des relations raciales dans ce pays. Il a mis l’accent sur les inégalités léguées par l’histoire de l’esclavage et de la discrimination, contredisant l’opinion dominante : l’immense majorité des Américains considèrent que les Noirs sont les principaux responsables de leur sort. Mais il a aussi mis l’accent sur les réactions problématiques des Noirs, à commencer par la violence. En soulignant à la fois le caractère structurel des injustices et la responsabilité individuelle des Noirs, il encourage l’ouverture d’un débat clair, profond, sans tabou, sur les causes des inégalités raciales.

Par ailleurs, son élection est aussi le signe des progrès réalisés par ce pays en matière raciale. Seul l’observateur le plus obtus pourrait nier que les formes les plus radicales de racisme ont reflué. L’arrivée d’Obama à la Maison-Blanche est en partie le fruit de cette évolution, le reflet de la montée en puissance d’une bourgeoisie noire, qui s’est notamment traduite par l’entré (...)

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