Sous surveillance

Sous surveillance

Publié dans le magazine Books, septembre / octobre 2017.
Les jurys du prix Pulitzer de la fiction 2016 ne s’y sont pas trompés. Avec Le Sympathisant, ils tenaient non seulement un bon roman mais une occasion rare de revisiter la fin de la guerre du Vietnam et ses conséquences, non pas de très haut et du point de vue américain, mais à hauteur d’homme, mieux : d’homme vietnamien. Pas n’importe lequel : l’aide de camp du chef de la police et des services secrets du Vietnam du Sud – « le Général ». En tant que tel, ce narrateur lutte donc jusqu’au dernier instant contre les agents du Viêt-cong (descriptions d’interrogatoires plus que poussés sous l’égide de la CIA). Puis c’est la fuite de Saigon en avril 1975, dans l’un des derniers avions – il fallait se battre comme un lion pour y accéder. Le narrateur accompagne son chef dans son exil californien (le misérable Général est contraint d’ouvrir un magasin de spiritueux, son aristocratique et arrogante épouse devient restauratrice, et leur fille chanteuse pop) ; il participe au tournage aux Philippines d’une sorte d’Apocalypse Now, écœurante réinterprétation américaine de la tragédie vietnamienne et, enfin, à une opération de reconquête de sa patrie qui tournera encore plus mal que celle de la baie des Cochons à Cuba, le conduisant dans un camp, cette fois comme prisonnier et souffre-douleur du Viêt-cong. Ce qui pimente significativement ce ragoût déjà très épicé, c’est que le narrateur est en fait un agent double, une taupe du Viêt-cong placée auprès du Général pour le…

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