American Parano
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American Parano

Écrit par La rédaction de Books publié le 13 juillet 2018

Paranoïa, © 2018 Twentieth Century Fox

Dans Paranoïa, cette semaine sur les écrans, une femme persuadée d’être suivie est internée.

Tous les Américains ne sont pas malades au point de devoir être enfermés, mais la paranoïa est un sentiment largement partagé aux Etats-Unis, assure le journaliste Jesse Walker dans The United States of Paranoia. « La peur des conspirations est une force puissante à travers tout le spectre politique, et ce depuis l’ère coloniale, dans l’establishment aussi bien que chez les marginaux, écrit Walker. Elles émergent dans les périodes de divisions, mais aussi par temps calmes. Elles ne sont pas seulement d’extravagants détours de l’histoire. Elles sont au cœur du pays. » 71% des Américains, selon un sondage de 1996, croyaient ainsi qu’on leur avait caché la venue des extraterrestres ; 36%, d’après une autre étude menée en 2006, pensaient que leurs dirigeants étaient impliqués dans le 11-Septembre.

Et ces dirigeants ne font pas mieux. Prenant ses fonctions, le président Bill Clinton demanda qu’on lui dévoile le nom de l’assassin de JFK ; et pendant la Première guerre mondiale, Woodrow Wilson encouragea le « Commitee on Public Information » qui invitait les Américains à dénoncer tous les pacifistes. Ils ne pouvaient être que des Allemands infiltrés.

Walker classe les conspirations typiquement américaines en cinq catégories : « l’ennemi extérieur », les étrangers qui organisent la mort du pays à distance ; « l’ennemi intérieur », les Américains menaçant le statu quo ; « l’ennemi du dessus », les machinations de la classe dirigeante ; « l’ennemi du dessous », les complots des pauvres, et « les conspirations charitables », une force secrète travaillant en coulisses pour améliorer la vie des gens.

Selon un vieux mythe, l’Amérique est le produit d’une telle intrigue. Une confrérie d’êtres angéliques aurait envoyé un mystérieux conseiller pour guider Christophe Colomb et veiller jusqu’à ce jour sur « le pays de la liberté ».

 

A lire aussi dans Books : L’étrange puissance des théories du complot, mai-juin 2010.

 

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