Un arbitre bien partisan
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Un arbitre bien partisan

Écrit par La rédaction de Books publié le 12 octobre 2018

RBG/ Copyright L'Atelier Distribution

Le documentaire RBG dresse le portrait de la juge américaine Ruth Bader Ginsburg, 85 ans. Nommée à la Cour suprême des États-Unis par le président Bill Clinton en 1993, elle est souvent présentée comme la pire ennemie de Donald Trump. Dans The Most Dangerous Branch, le journaliste David A. Kaplan décrit comment la plus haute instance judiciaire des États-Unis, chargée de veiller notamment à la conformité des lois avec la Constitution, a pris une place prépondérante dans la vie politique américaine. Ces dernières décennies, elle se serait éloignée du rôle d’arbitre impartial auquel les pères de la Constitution la destinaient. Cette instance non élue et n’ayant quasiment pas de comptes à rendre devait servir de rempart à la tyrannie de la majorité.

Aujourd’hui, elle n’est plus au-dessus de la mêlée, assure Kaplan. Les juges étant de plus en plus nommés sur des critères idéologiques, ils se prononcent conformément à ce qu’attendent d’eux les présidents qui les ont choisis.

Les juges sont aussi complices de cet état de fait, ajoute Kaplan. « La chose la plus importante que nous faisons est de ne rien faire », affirmait il y a un siècle le juge Louis Brandeis. Ses successeurs sont aujourd’hui trop heureux de se mêler des grands sujets politiques et sociaux. C’est à la Cour suprême qu’est revenu de trancher les questions sociétales et politiques les plus clivantes de ces dernières décennies : l’avortement et le mariage homosexuel, le financement des campagnes électorales, la réglementation des armes à feu… « La Cour suprême voudrait nous faire croire qu’elle est un simple spectateur mais en réalité les juges ont une latitude quasi totale sur les affaires qu’ils choisissent de traiter, écrit Kaplan. Trop souvent, la cour entre dans la mêlée uniquement parce qu’elle en a la possibilité. » Elle se substitue alors au législateur, regrette-t-il. Le Congrès est affaibli et la représentation démocratique avec.

À lire aussi dans Books : Suprême dissidence, février 2016.

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