L’esprit critique ne prend pas de vacances ! Abonnez-vous à Books !

Deux artistes au diapason

Sauvegarder cet article

La première fois que le grand chef d’orchestre japonais Seiji Ozawa dirigea un opéra à la Scala de Milan, il fut hué si bruyamment que sa mère, qui était présente, crut que c’étaient des acclamations et le félicita. Cette anecdote est racontée par Ozawa lui-même dans un livre d’entretiens avec le romancier Haruki Murakami. Les deux hommes sont amis et y discutent de musique, bien entendu, mais aussi de création en
général. On y apprend ainsi que les musées ont aidé Ozawa à maîtriser son art et que, sans les peintures de Klimt et de Schiele, il n’aurait jamais compris la musique de Mahler. Il se souvient de ses maîtres, de Leonard Bernstein, dont il cherchait à imiter les gestes, et de Glenn Gould, qui portait toujours des gants et refusait de serrer la main de qui que ce soit. Murakami, quant à lui, fait figure d’amateur érudit, « incapable de lire la partition d’une symphonie », comme le rapporte R. O. Kwon dans The Guardian, mais tout à fait à même de l’apprécier et surtout de la commenter. « Ce n’est pas un penseur profond, estime Rob Doyle dans The ­Irish Times. Mais il est de bonne compagnie. Et, bien qu'il proteste de son dilettantisme, un critique subtil de Beethoven, Brahms ou Strauss. »
LE LIVRE
LE LIVRE

De la musique. Conversations de Haruki Murakami et Seiji Ozawa, Belfond, 2018

SUR LE MÊME THÈME

En librairie L'affaire Florence Cassez, mauvais polar mexicain
En librairie Le revenu universel contre la marchandisation de la société
En librairie Le modèle végétal

Aussi dans
ce numéro de Books

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.