Autofliction

Autofliction

Recette pour les écrivains ratés : écrire sur leur ratage.

Publié dans le magazine Books, juillet-août 2013.
Il avait publié en 1998 Le Journal d’un perdant, roman bien reçu par la critique et sur lequel l’éditeur n’a pas perdu d’argent, mais sans plus. Après un autre livre trois ans plus tard, aussi bien accueilli et médiocrement vendu, Benjamin Anastas se décida à devenir écrivain à plein temps. Et ne trouva pas d’éditeur pour le livre suivant. « Cela m’a pris beaucoup de temps pour admettre que j’avais échoué », écrit-il en guise d’ouverture de son nouveau livre, qui raconte son ratage. Succès ! Pourtant, « je ne suis pas sûr d’avoir jamais vraiment voulu écrire ce livre », a-t-il déclaré. « J’avais 41 un ans et rien publié depuis près de dix ans… » C’est un genre à part entière, estime Giles Harvey dans le New Yorker : « Quand plus rien ne marche, écrire sur son échec. » Échec sur toute la ligne, en l’occurrence : il a trompé sa fiancée, elle lui a pardonné, ils se sont mariés, elle est tombée enceinte… et est partie avec un autre : « Et maintenant tu me prends mon bébé avant même qu’il soit né ! Il ne connaît même pas la voix de son père ! » Séance chez un psy conseiller en divorce, etc. Bientôt il est à court d’argent. Hélas, « la candeur ne remplace pas le talent », note Giles Harvey. Mais le livre marche ! Le genre a été inauguré en 2001 par Toby Young avec « Comment perdre ses amis et se…

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