Japon – Le roman des femmes perdues

Japon – Le roman des femmes perdues

A 30 ans, Kikuko Tsumura brosse le portrait tout en nuances d’une génération de Japonaises sans repères, à l’ère du divorce et du travail précaire.

Publié dans le magazine Books, mai 2009.
« Nagasé est une jeune femme de 29 ans qui travaille comme intérimaire dans une usine de produits cosmétiques à Nara, près de Kyoto. Un emploi précaire, à temps partiel, qu’elle complète en étant serveuse dans le café géré par l’une de ses amies et en donnant des cours d’informatique dans un petit centre de formation privé », raconte Atsushi Tanase dans le quotidien tokyoïte Yomiuri Shimbun. Nagasé, célibataire, vit avec sa mère divorcée et son amie Ritsuko, récemment séparée de son mari et que les deux femmes recueillent avec sa petite fille. « Potosuraimu no hune [« Le bateau de pothos lime »], le livre de la jeune romancière Kikuko Tsumura, a reçu en janvier dernier le prestigieux prix Akutagawa et son succès ne se dément pas. Car elle explore le quotidien des travailleuses précaires d’un Japon en crise », s’enthousiasme Atsushi Tanase. Un portrait tout en nuances de deux générations de femmes déboussolées, qui se débattent dans une société ayant perdu ses repères traditionnels, plongées dans l’ère du divorce et du travail féminin. Nagasé, absorbée par les emplois qu’elle cumule, a pourtant un rêve. Aussi modeste soit-il, les désirs profonds que sa vie étouffe peuvent s’y investir : elle est obsédée par l’idée d’épargner 1 630 000 yens (environ 14 000 euros), l’équivalent d’une année de revenus, pour s’offrir la croisière autour du monde que vante une affiche placardée sur les murs du vestiaire de l’usine. Le roman commence en effet par la découverte de cette publicité, qui…

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