José Saramago : « La maladie a ramené à la surface le langage de mon enfance à la campagne »

José Saramago : « La maladie a ramené à la surface le langage de mon enfance à la campagne »

Gravement malade lors de l’écriture du Voyage de l’éléphant, José Saramago examine les mécanismes inconscients déclenchés par la maladie sur son écriture.

Publié dans le magazine Books, septembre 2009.
Votre dernier roman, Le voyage de l’éléphant, est étrangement drôle, plein d’humour, ce qui est assez inhabituel chez vous. Vous êtes plutôt un écrivain de l’ironie et du scepticisme… Le voyage de l’éléphant contient en effet de nombreux passages prêtant à sourire, certains portant même à rire aux éclats. Ce n’est pourtant pas une chose que j’ai consciemment voulue. Je ne me suis pas assis à mon bureau en me disant que j’allais passer de l’ironie habituelle à un humour franc et direct. Les histoires que nous racontons décident elles-mêmes de la façon dont elles veulent que nous les racontions.   L’humour présent dans le livre est d’autant plus surprenant que vous l’avez écrit en des circonstances très noires. J’ai du en interrompre l’écriture pour être hospitalisé. Gravement malade, je suis passé près de la mort. Et la convalescence fut longue. Après avoir vécu une telle expérience, il aurait été naturel d’en trouver trace dans ce que j’écrivais. Pourtant, rien. Certains passages de l’histoire se prêtaient parfaitement à un ton grave : celui de la traversée des Alpes en plein hiver, par exemple. Mais non : pas la moindre allusion à la maladie, pas la moindre réflexion…
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