La blague de trop ?

La blague de trop ?

Publié dans le magazine Books, novembre / décembre 2017.
Le jeune et prolifique écrivain ­polonais Jacek Dehnel a tendance à multiplier les références à ses illustres prédécesseurs (du Polonais Bruno Schulz à Balzac). Il les interpelle, imagine des dialogues avec eux. Il leur invente aussi des biographies alternatives ou reprend certains de leurs personnages dans ses propres écrits. Avec Krivoklat, roman qui lui a valu sa nomination pour le prestigieux prix Nike, Dehnel se met cette fois dans la tête de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard. Son pastiche consiste en un long monologue, celui du héros, le misanthrope Krivoklat, enfermé dans un hôpital psychiatrique pour avoir vandalisé des tableaux dans des musées – selon lui, détruire une œuvre est la seule façon d’en prouver son caractère unique. Une « magnifique blague littéraire », juge le quotidien Gazeta Wyborcza. Farce qui n’en a pas moins suscité la polémique, comme beaucoup des précédents romans de Dehnel. « La plupart des critiques ont vu dans ce livre une nouvelle démonstration de la maîtrise technique de l’auteur, note le site Culture.pl. Mais tous ne sont pas sûrs qu’il soit possible de trouver un vrai sens à ce genre de blague littéraire. » Dans le magazine culturel en ligne Dwutygodnik, par exemple, l’admiration le dispute à l’agacement. « Dehnel prouve là encore son efficacité, son érudition et sa sensibilité esthétique. Il imite si bien l’Autrichien que, si celui-ci était encore en vie et qu’il avait lu Krivoklat, il aurait pu croire en être l’auteur », écrit Bartosz Sadulski. Mais cette tendance à se réfugier derrière…

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