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Périscopes
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La planète foot ne tourne pas rond

« La stupidité fait partie intégrante de l’économie du football. » Un livre qui assène une telle charge ne manquera pas de piquer la curiosité des allergiques au ballon rond. Il pourrait aussi intéresser les fans. S’inspirant de Freakonomics – ce bestseller qui appliquait l’analyse économique à des sujets incongrus –, l’économiste Stefan Szymanski et le journaliste sportif Simon Kuper examinent les performances des équipes et de leur encadrement. Chiffres à l’appui. Certains constats ont de quoi surprendre : les joueurs blonds seraient plus remarqués que les autres par les recruteurs, en raison d’une couleur de cheveux qui « sort du lot » et « marque les esprits », rapporte David Goldblatt dans le magazine Prospect. D’autres n’étonnent guère : les clubs déboursent beaucoup trop d’argent pour acheter des joueurs très jeunes ou de nationalités « 
à la mode », sans évaluation sérieuse de leur potentiel. Et les grands clubs, qui recrutent des stars à prix d’or, ne font pas preuve de moins de légèreté dans le suivi de leurs joueurs. En 1999, le joueur Nicolas Anelka, payé 220 millions de francs de l’époque par le Real Madrid, n’a trouvé à son arrivée « ni casier, ni aide pour trouver un logement, ni présentation officielle à l’équipe ». Pas étonnant, conclut Goldblatt, que ses résultats n’aient pas été à la hauteur de l’investissement. En loyaux sujets de Sa Majesté, Kuper et Szymanski se sont aussi intéressés à l’équipe nationale d’Angleterre, en essayant de comprendre pourquoi diable elle n’avait pas remporté de Coupe du monde depuis… 1966. À vrai dire, les résultats de la sélection anglaise sont fort logiques au regard du poids économique et démographique du pays. La proportion de licenciés y est bien moindre, remarquent les auteurs, qu’en France, en Allemagne ou en Italie. À cet égard, les joueurs anglais semblent même plutôt se surpasser un peu, si l’on tient compte du périmètre relativement restreint du recrutement : l’anti-intellectualisme régnant dans le monde du foot anglais prive le secteur de talents potentiels dans les classes moyennes et supérieures. Au final, « les Anglais n'auront la chance de remporter la Coupe du monde que s'ils en sont le pays organisateur », constate Paddy Harverson, dans le Financial Times.  

=> Découvrir les articles des encyclopédies Universalis et Britannica sur le football
LE LIVRE
LE LIVRE

Pourquoi l’Angleterre perd. Et autres curieux phénomènes expliqués, HarperSport

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