Quand l’Allemagne était la Syrie

Quand l’Allemagne était la Syrie

Publié dans le magazine Books, mars/avril 2018.
Faut-il encore présenter Daniel Kehlmann ? En France, peut-être. Outre-Rhin, sûrement pas. En 2005, à tout juste 30 ans, il publiait Les Arpenteurs du monde, le plus gros succès pour un roman allemand depuis Le Parfum, de Patrick Süskind. Kehlmann est devenu une star, et, depuis, chacun de ses livres est un événement. Son nouveau roman, paru à l’automne 2017, ne déroge pas à la règle. D’autant que, à en croire le critique du Spiegel Volker Weidermann, il s’agirait ni plus ni moins du « meilleur roman qu’il ait jamais écrit ». Comme Les Arpenteurs du monde, c’est un roman historique. Mais, contrairement à celui-ci, il n’est pas « hyper-­ironique ». Il plonge le lecteur, sans distance et de façon brutale, dans cet épisode traumatique de l’histoire allemande que fut la guerre de Trente Ans. On y suit notamment le destin tragique de Frédéric V du Palatinat, ce prince protestant qui, en 1619, en acceptant la couronne du royaume de Bohême, précipita l’Europe dans la guerre et fut surnommé « le roi d’un hiver », car c’est à peu près le temps qu’il lui fallut pour tout perdre. Un autre personnage clé, fictif celui-là, est le héros éponyme, Tyll – étrange résurgence de Till l’espiègle, cette figure majeure du folklore allemand, associée d’ordinaire au XVIe siècle mais que Kehlmann fait resurgir un siècle plus tard. « Ce livre réaliste qui déborde d’imagination ­décrit une époque où l’Allemagne était la Syrie du monde, estime Weidermann. C’est un livre sur le pouvoir…

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