Les industries culturelles et leurs parasites
par Olivier Postel-Vinay

Les industries culturelles et leurs parasites

Face aux géants du Web qui les pillent en diffusant gratuitement leurs produits, le cinéma, le disque et le livre ne sont pas sans ressources.

Publié dans le magazine Books, février 2012. Par Olivier Postel-Vinay
« Google, YouTube et les centaines de start-up qui tentent de s’arroger une part du gâteau du Web 2.0 ne remplacent pas l’industrie qu’ils contribuent à miner, en termes de produits, d’emplois, de chiffre d’affaires et de bénéfices. » On pouvait lire cette phrase d’Andrew Keen, tirée de son livre Le Culte de l’amateur, dans notre dossier « Internet rend-il encore plus bête ? » (juillet 2009). Le sujet est repris en profondeur par Robert Levine, dont le livre a été salué par le Financial Times comme le meilleur plaidoyer écrit à ce jour en défense des cinq industries productrices de contenus culturels (musique, presse, télévision, livre, cinéma). L’argument est simple : l’avènement du Web a fourni aux firmes « technologiques », qui font leur beurre en servant la demande des internautes, la possibilité de fournir une quantité phénoménalement croissante de contenus gratuits, souvent piratés, menaçant de ce fait l’assise financière des entreprises « culturelles » qui les produisent. De fait, l’industrie du disque a vu son chiffre d’affaires divisé par deux en dix ans, les chaînes de télévision non câblées ont perdu de leur valeur et la baisse des ventes de DVD inquiète à présent l’industrie du cinéma. De nombreux journaux ont disparu et ceux qui restent réduisent la voilure. Livres, films et chansons sont piratés dans les minutes qui suivent leur mise sur le marché, parfois même avant. Levine met en cause l’idéologie du gratuit et le lobbying des entreprises qui ont intérêt à l’alimenter, Google en tête. Le…

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