Les « mauvais livres » interdits aux soldats

Les « mauvais livres » interdits aux soldats

Publié dans le magazine Books, juillet-août 2009.
«Il fut un temps où les étudiants sud-coréens tenaient des meetings clandestins, où Le Capital de Karl Marx circulait sous le manteau, et où l’on risquait de se faire torturer ou emprisonner par une dictature militaire qui bannissait tout livre présumé “rouge” », raconte la journaliste Jiyeon Lee sur le journal en ligne globalpost.com. Un temps désormais révolu. Aujourd’hui, les jeunes arpentent sans problème les rues de Séoul en portant des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara. Pourtant, poursuit Jiyeon Lee, « quand ils rejoignent l’armée pour deux ans de service militaire, ils se voient bel et bien privés de leur droit à lire certains ouvrages jugés inappropriés ». Le 31 juillet 2008, le ministère de la Défense sud-coréen publiait en effet une liste de livres interdits aux soldats. Ils peuvent être classés en trois catégories : les livres « favorables à la Corée du Nord », les ouvrages « antigouvernementaux ou antiaméricains » et les publications « anticapitalistes ». La liste inclut ainsi l’un des principaux bestsellers du pays depuis 2007 : Bad Samaritans, de l’universitaire Ha-Joon Chang, professeur à Cambridge. Un essai qui décrit le libre marché comme un mythe et montre comment de nombreuses puissances économiques se sont développées grâce au protectionnisme. Autre auteur banni par les militaires sud-coréens : Noam Chomsky, dont Les Dessous de la politique de l’Oncle Sam et L’An 501 : la conquête continue ont été épinglés. Les raisons d’une telle censure ? « Le ministère de la Défense, note Jiyeon Lee, a expliqué avoir pris cette décision après que les services de renseignement eurent fait état de menaces…

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