Un marché de masse pour la haute culture
par Olivier Postel-Vinay
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Un marché de masse pour la haute culture

Écrit par Olivier Postel-Vinay publié le le 7 décembre 2018

Comme la mauvaise monnaie, la mauvaise information chasse la bonne. En ces temps de post-vérité et de fake news, où les réseaux sociaux font la loi et le lit des médias de qualité, la formule vaut peut-être plus que jamais. Le drapeau de l’esprit critique est en berne. Et pourtant…France-Culture atteint son plus haut niveau historique, la diffusion du New Yorker et de The Economist est en hausse constante. The Economist, justement, affichait récemment dans sa célèbre chronique « Bagehot » cette profession de foi inattendue : « il y existe un marché de masse pour la haute culture ». Le prétexte ? L’émission In Our Time, de Melvyn Bragg, sur Radio 4, une station de la BBC. Depuis vingt ans, celui-ci présente chaque jeudi à 9 heures du matin, heure dite « creuse », une conversation de haut niveau avec trois universitaires. Résultat : deux millions d’auditeurs en direct, 300 000 à 400 000 en podcast. À quoi s’ajoutent 3 millions dans 48 pays, qui en font le podcast de week-end le plus écouté de la BBC. « Ce succès est témoigne du pouvoir de la curiosité », écrit l’auteur de « Bagehot ». « Loin d’en avoir assez des experts, les gens sont avides d’écouter ce qu’ils ont à dire sur les frontières du savoir. Cela témoigne aussi de quelque chose de plus profond. Les gens veulent échapper à la cacophonie de la vie quotidienne, qu’il s’agisse d’une tempête Twitter ou de l’affrontement de politiques en colère. In Our Time offre une profondeur de champ et du calme en cette époque agitée ».

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