Ce qui reste de Sapphô

Ce qui reste de Sapphô

Publié dans le magazine Books, novembre 2018.
« Nous avons sans doute fait couler plus d’encre sur cette poétesse que sur tout autre écrivain, en proportion de l’œuvre parvenue jusqu’à nous », remarque l’hélléniste Edith Hall dans The New York ­Review of Books à propos de Sapphô. Celle que Platon sur­nomma « la dixième Muse » et qui ­naquit en 620 avant J.-C sur l’île de ­Lesbos avait com­posé neuf recueils, soit à peu près 12 000 vers. Quelques centaines ont survécu, presque exclusivement sous forme de fragments. La faute à un christianisme qui jugeait scandaleuses les passions évoquées par cette femme trop libre. « Certains savants de la Renaissance soupçonnaient le pape Grégoire VII d’avoir fait brûler tous les manuscrits de la Grecque au XIe siècle, en raison de leur caractère dangereusement grivois », rappelle Hall. Les éditions Synchronique proposent un florilège des fragments qui ont échappé à cette damnatio memoriae. Ils sont magnifiquement illustrés et surtout excellemment traduits. Leur survie au sein d’une œuvre mutilée leur confère souvent une force qu’ils n’avaient peut-être pas à l’origine, celle des formules oraculaires. Fragment 14 : « Je souhaite et recherche ­ardemment… »

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