La revue de presse d’ActuaLitté
Un ouvrage universitaire ancien, Shivaji: Hindu King in Islamic India (2003), a ravivé un conflit en Inde. Vingt ans après sa parution, le livre est au cœur d’une plainte pour diffamation déposée par un descendant de Shivaji. La Haute Cour de Bombay a exigé la publication d’excuses officielles, que l’éditeur Oxford University Press India a acceptées pour clore l’affaire, évoquant des « affirmations non vérifiées ». Cette controverse met en lumière les tensions persistantes entre recherche académique, mémoire historique et enjeux politiques liés aux figures nationales.
Depuis 2014, l’Argentine organise un festival national d’écriture en prison réunissant détenus, écrivains, enseignants et médiateurs culturels. Porté par l’Université de Buenos Aires, l’événement donne une visibilité aux textes produits derrière les barreaux, à travers lectures et débats. Dans un contexte pénal restrictif, ce rendez-vous affirme l’écriture comme outil d’expression, de réflexion et de lien social, en luttant contre les stéréotypes associés à l’incarcération et en valorisant la créativité des personnes privées de liberté.
En Espagne, le programme Transita Cultura vise à développer l’accès à la culture en milieu carcéral, en particulier auprès des femmes détenues. Mené conjointement par les ministères de la Culture et de l’Intérieur, il propose ateliers, rencontres et actions artistiques intégrées aux parcours pénitentiaires. Le projet défend la culture comme levier d’expression et de réflexion, capable de rompre l’isolement, d’accompagner les trajectoires individuelles et de créer des espaces de dialogue au sein des établissements.
Le poète et traducteur iranien Ali Asadollahi a été brutalement interpellé lors d’une opération nocturne, dans un contexte de manifestations liées à la crise économique et à la répression politique. Son arrestation s’inscrit dans une vague plus large visant des figures culturelles et intellectuelles. Les motifs exacts de cette interpellation n’ont pas été rendus publics, mais l’affaire a suscité de vives réactions dans les milieux littéraires, préoccupés par l’état de la liberté d’expression dans le pays.
Des artistes, auteurs et chercheurs de Gaza, pourtant attendus en France dans le cadre du programme PAUSE, restent bloqués aux frontières. Ce dispositif, destiné à accueillir des créateurs menacés, a permis d’accompagner plusieurs profils depuis l’automne 2023, mais se heurte aujourd’hui à des obstacles logistiques et financiers. Parmi les personnes empêchées figurent des poètes et écrivains invités par des institutions françaises, contraints de patienter malgré des projets culturels prêts à être menés.