Dans les forêts de Géorgie

Enfant, l’auteur a connu la terrible guerre civile de Géorgie en 1991-1993, provoquée par la sécession des Ossètes et le refus de la Russie de voir le pays s’éloigner de son emprise. Il a émigré à Londres avec sa famille. Là, il imagine le retour de Saba, un jeune émigré comme lui, cette fois au lendemain de la seconde guerre de Géorgie, provoquée en 2008 par une offensive militaire russe décidée par Poutine. Saba part à la recherche de son frère et de son père, qui ont disparu et, pense-t-il, se sont réfugiés dans la forêt, comme naguère l’ancien président géorgien Gamsakhourdia pourchassé par les Russes. Plus ou moins inspiré d’un conte de Grimm, le roman mêle le tragique et le loufoque. Un personnage central est Nodar, un chauffeur de taxi d’Ossétie du sud plein d’esprit, qui se prend d’affection pour le jeune garçon et le cornaque au travers du pays ravagé. Quand Saba voit des Georgiens se tirer dessus, Nodar lui dit : « On ne peut pas faire porter le chapeau aux seuls Russes ». On retrouve chez l’auteur « l’humour en coin, désabusé et les touches de réalisme magique qui caractérisent une bonne partie de la littérature de ces coins d’Europe déchirés par la guerre », écrit Mark Athitakis dans le Los Angeles Times.

LE LIVRE
LE LIVRE

Hard by a Great Forest de Leo Vardiashvili, Bloomsbury, 2024

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