Nous sommes tous des autistes
par Olivier Postel-Vinay

Nous sommes tous des autistes

20417-b1711c Publié dans le magazine Books, janvier 2014. Par Olivier Postel-Vinay

Parmi les curiosités de l’autisme, il y a sa modernité. Il faut attendre 1938 pour que le Viennois Hans Asperger identifie chez des enfants le syndrome qui désormais porte son nom, et 1943 pour que l’Américain Leo Kanner identifie l’autisme infantile profond. Il faut encore attendre les années 1970 pour que le phénomène acquière droit de cité. Et encore. Dans l’Encyclopædia Universalis de 1993, l’autisme des enfants n’est pas même mentionné dans le court article consacré à l’entrée « autisme ». Le mot est alors réservé à une forme de schizophrénie chez l’adulte décrite par le psychiatre suisse Eugen Bleuler en 1911. Depuis, nous assistons à une véritable flambée, consacrée par les études épidémiologiques. Aux États-Unis, un enfant de 8 ans sur quatre-vingt-huit est aujourd’hui jugé affecté par une forme ou une autre de ce qu’on est convenu d’appeler le « spectre » de l’autisme.

Le mot s’est tellement répandu qu’il finit par désigner, en dehors de tout diagnostic psychiatrique, la moindre propension de certains d’entre nous à ne pas savoir communiquer comme il faudrait. Le syndrome d’Asperger désignant désormais une forme d’autisme dit « de haut niveau », on le voit appliqué à des personnalités aussi diverses que Barack Obama, Bill Gates ou François Hollande. Pour le chercheur britannique Simon Baron-Cohen, chacun de nous se situe quelque part sur une échelle allant de l’autisme profond à l’extraversion empathique, et comme la condition affecte beaucoup plus les garçons et les hommes que les filles et les femmes, elle est devenue une marque de la masculinité.

Les psychiatres eux-mêmes y perdent leur latin. Une fois évacuée la notion de « schizophrénie de l’enfant », les auteurs du manuel de référence de la profession, le DSM, n’ont cessé de modifier les critères de diagnostic. Il fallait un déficit du langage, cela a été abandonné. L’autisme a été englobé dans un groupe de « troubles envahissants du développement », puis on y a renoncé. Entré dans le DSM en 1994, le syndrome d’Asperger vient de s’en voir exclure. À force de tout mélanger, à force aussi de valoriser les facultés exceptionnelles de certains autistes, on finit par y voir une manière d’être parmi d’autres, une forme d’altérité, oubliant le terrible handicap qui frappe souvent à vie une fraction de nos enfants et leur famille.

Imprimer cet article
4
Commentaires

écrire un commentaire

  1. courtois christophe dit :

    puis je avoir votre avis svp je pense etre autiste asperger merci
    l’information est un concept ayant plusieurs sens.il est étroitement lié aux notions de contraintes,communications,controles,données,formulaire,instructions,connaissances,significations,perceptions et représentations.au sens étymologique,l’information est ce qui donne forme à l’esprit.elle vient du latin informare qui signifie donner forme à ou se former une idée de.l’information désigne à la fois le message à communiquer et les symboles utilisés pour l’écrire,elle utilise un code de signes porteurs de sens tel qu’un alphabet de lettres,une base de chiffre,des idéogrammes et pictogrammes.hors contexte,elle représente le véhicule des données comme dans la théorie de l’information,et hors support,elle représent un facteur d’organisation.on touche là à un sens fondamental où l’information est liée à un projet,il peut etre construit comme un programme informatique ou auto-construit comme la matière.la désignation de l’informationou traitement de l’information existe pour que l’information puisse etre utilisé par les etres humains avec efficience et efficacité.l’information une fois désignée permet de traduire l’information de façon claire et direct la liant à un regroupement pertinant d’informaton la désignant.
    la nomination et la détermination de tout ce qui existe est effectué par le système de traitement d’informations de la cognition comme le nom univers et le nom cognition lui-meme.à partir du moment où une information de notre cognition est différente ou manquante de la réalité R,les notions de l’information de la réalité R sont tranformées.il existe de ce fait autant de réalités que d’etres vivants pour une réalité concrete R:c’est la réalité individuelle.je dirai que cela vient de l’autisme naturel ou universel car l’autisme est un dysfonctionnement du traitement d’informations:si une information inscrite dans l’équation traitée par la cognition n’est pas une information de la réalité R alors ce traitement restra faux tant que l’information apportée à la cognition le reste.
    le traitement d’informations est l’intéraction autrement dit l’agissement et le comportement d’une information avec une autre information dans le temps l’amenant au résultat cognitif R ou r suivant la réalité meme de l’information.au minimum pour qu’il y ai une interaction ,il faut deux informations:posons donc l’équation simplifiée amenant un résultat cognitif R: X+Y=R c’est la première équation possible ,le + étant l’agissment et le comportement des informations dans le temps.
    cette réalité est également celle de notre univers,pour qu’il y ai une transformation,une information avec une autre information au minimum doivent rentrer en intéraction dans le temps.la cognition est la représentation opératoire de la réalité R mais si l’information univers est le résultat cognitif d’une cognition alors sa réalité peut etre différente de la réalité R.sans remettre en cause tout ce qui est,il est possible d’en avoir une perception différente.
    si nous voulons tout exprimer que ce soit l’inerte et l’organique nous devons l’exprimer par la métaphysique et par la philosophie cartésienne qui nous permet de considérer tout ce que nous sommes par la somme des sommes en somme (enfin en somme hihi)…par la somme de l’inerte et de l’organique.or pour considérer l’ensemble de notre univers comme étant homogène,il y manque l’inscription du temps:
    je pense,j’existe donc je suis dans le temps
    rien ne se perds tout ce transforme dans le temps
    tout dans le temps ce transforme dans son environnement subit
    la dissociation de l’inerte et de l’organique ce fait par le fait que nous considérons l’environnement externe nommé et déterminé comme univers différent de l’environnement interne nommé et déerminé comme Vie.cette différence set aux spécificités de la science qui est une réunification d’informations qui nomme et détermine tout ce qui est.or si une information de cette réunification d’informations est fausse ou manquante ,la réalité R peut etre fausse ou faussée: univers =Réalité=réunification d’ informations
    tout nait de l’energie noire tojours au fondement de tout mais toujours en mouvement.chacun de nous a en sa cognition sa propre venue au monde,comme celle de l’univers,de la galaxie et de la Terre et chacun héberge sa propre fin.ce qui nous améne à déterminer l’univers de façon cognitive(consciement et inconsciement)allant meme à dire que que clui ci est vivant ,tout comme la Terre.
    l’équation simplifiée amenant au big bang créateur de notre environnement univers (R)est une equation identique dans la différence de celle de la cognition où une information X avec une information Y au minimum rentrent en interaction dans le temps amenant à notre réalité concrete R.le fait d’apprendre à connaitre la réalité R de façon scientifique est un apport d’informations à notre réalité individuelle qui redétermine notre réalité R en réalité R.
    la science est la réalité universel;nous pourrions donc dire que: univers=Réalité=réunification d’informations =cognition universel
    de plus chaque intéraction d’informations est lien de Vie car chacune d’entre elles intéragissent dans la vie de tout ce qui est:la théorie de charles Darwin(métaphysique)est la pragmatisation de l’interaction des informations amenant à la transformation de la Vie dans le temps.or nous savons que l’inerte ce transforme aussi dans le temps par l’intéraction des informations et à sa propre existence.l’identique dans la différence amène à penser que cette dissociation peut etre réunifiée et elle l’est métaphysiquement par la simplification de tout ce qui est et par son inscription dans le temps;je pose donc:
    X+Y=univers=Réalité=réunification d’informations=cognition universel=Vie
    l’ensemble Vie étant l’ensemble de tout les ensembles où toutes informations est lien de Vie nées et entrantes en intéraction par l’énergie noire(la cognitivité)qui créée le mouvement à notre réalité R l’amenant à notre réalité R à cet instant t.
    c’est une matrice d’informations
    tout est vie ,la vie c’est tout,la vie avant tout.
    matière inerte non…….matière constitutive:ce qui établit juridiquement un droit,qui appartient à la nature meme des choses

  2. Julian dit :

    On a simplement oublié ce que nous sommes. Des grands singes, dont les neurones se sont mis à dégénérer. On a procréé jusqu’à écraser toute autre forme de vie sur cette planète. Et on continue inlassablement.

    L’intelligence est par définition, une dégénérescence. C’est évident que chaque être humain est atteint d’une sorte d’autisme. D’un point de vu strictement évolutionniste en tout cas.

  3. Sylvain FOULQUIER dit :

    La confusion existe d’abord dans certains dictionnaires tels le Robert, où l’autisme est encore assimilé à la schizophrénie, ce qui est une aberration sans nom, car l’autisme n’est pas une maladie mentale, et chez l’autiste on ne trouve aucun jugement déformant de la réalité. Ensuite il y les nombreuses inepties proférées par de soi-disant spécialistes de l’autisme, qui écrivent par exemple que les autistes sont incapables d’éprouver de l’empathie : c’est une autre aberration n’ayant aucun fondement scientifique. Bien souvent, les autistes asperger souffrent au contraire d’un trop-plein d’empathie, mais ils ne l’expriment pas de la même manière que les gens prétendument normaux. Si l’autisme est incontestablement le handicap le plus dur à vivre, c’est essentiellement à cause des innombrables préjugés de la société et des médecins à son sujet.

  4. Sylvain FOULQUIER dit :

    L’auteur de l’article écrit que le terme « autisme » est appliqué à des personnalités telles qu’Obama et Hollande…Dans la mesure où les autistes asperger sont souvent des gens intelligents, le problème vient plutôt du fait qu’il n’y ait pas plus d’autistes parmi les dirigeants politiques. Le monde s’en porterait peut-être mieux.

NOUVEAU ! Découvrez le Books du jour !
Chaque matin, un nouveau livre chroniqué dans votre boîte email.