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Aux sources de l’esprit européen

L’aventure européenne a commencé… à l’âge du bronze. C’est la thèse du livre stupéfiant que l’archéologue Barry Cunliffe consacre à quelque dix mille ans d’histoire du continent. Cet héritier de Fernand Braudel érige ici un bouleversant monument à la longue durée et aux évolutions profondes des sociétés, dictées à ses yeux par les contraintes et les opportunités de l’environnement. Car c’est la géographie qui a fait de ce petit bout d’Asie un lieu si propice à la circulation des hommes et des idées ; la géographie qui a permis l’éclosion de l’esprit d’aventure des Européens ; la géographie, encore, qui explique leur future domination mondiale. Quand l’archéologie se fait vibrante invitation au voyage, en compagnie de hiboux nains, de poissons rouges, et d’une jeunesse ambitieuse.


Si le dernier livre, important et superbe, de Barry Cunliffe mérite une devise, c’est bien la célèbre phrase de Fernand Braudel sur la Méditerranée, qu’il applique à l’ensemble du continent et répète à maintes reprises : « La mer se trouve ainsi connaître, dès l’aube de sa protohistoire, ces déséquilibres, ces moteurs qui rythmeront sa vie entière. » Déséquilibres moteurs ! Voilà un élégant perfectionnement de la théorie marxiste du « développement inégal » comme ressort dialectique du processus historique, appliqué à l’archéologie. Car les déséquilibres de l’Europe étaient précisément de cette nature motrice. L’étrange, irrégulière configuration de cette « excroissance occidentale de l’Asie », cette abondance tourmentée de paysages et de climats radicalement différents, l’incroyable diversité géologique des sols et des minerais, tout contribuait à faire de l’Europe un continent où les hommes seraient dépendants du contact avec d’autres hommes et de l’échange des ressources. « On ne trouve nulle part ailleurs sur une surface comparable, écrit Cunliffe, une telle profusion de zones écologiques différentes et si étroitement imbriquées ; cette variété est riche d’opportunités, encourageant les communautés humaines à s’aventurer et à s’adapter, et donc à développer une souplesse propice à la survie. » Tout au long de la période étudiée [9000 av. J.-C.-1000 apr. J.-C.], l’augmentation de la population s’est heurtée aux limites productives de chaque environnement donné, incitant à la migration. Au huitième millénaire avant notre ère, la surexploitation de leurs terres incita ainsi les premiers agriculteurs à gagner les côtes méditerranéennes, puis à emporter leur « bagage néolithique » (agriculture, élevage, poterie, outils en pierre polie, sédentarité) en Crète, à Chypre et, plus tard, dans les Balkans. À l’autre extrémité de la période, la croissance démographique et la concurrence pour les terres conduisirent les peuples germaniques à franchir les frontières de l’Empire romain vers le centre et l’ouest de l’Europe. De même, on voyagea pour les ressources. À la date incroyablement précoce de 11000 av. J.-C., la communauté vivant dans la grotte de Franchthi, près d’Argos [Grèce], réussissait à franchir d’une manière ou d’une autre les cent vingt kilomètres de mer la séparant de l’île de Milos pour y chercher l’obsidienne nécessaire à la fabrication de ses lames. Et, plus tard, un réseau maritime et terrestre reliant l’ensemble du continent permettrait le transport du cuivre et de l’étain nécessaires à la fabrication du bronze, palliant la rareté et l’éparpillement des gisements.

Déséquilibres féconds

Les êtres humains, aussi, étaient des biens. Les tombes étrusques incitent à penser que des groupes éloignés échangeaient souvent leurs femmes, sans doute comme cadeaux de valeur plus que comme marchandises. Les épidémies qui frappèrent bien plus tard les empires romain et arabe ont provoqué des pénuries de main-d’œuvre et favorisé l’essor du commerce des esclaves ; Venise et d’autres ports italiens achetaient des prisonniers « barbares » originaires des steppes de la mer Noire pour les revendre, principalement, à des propriétaires arabes. À ces « déséquilibres » féconds, Cunliffe ajoute la diversité de vues née de la diversité des paysages. Il estime ainsi que les premiers habitants des côtes avaient une représentation du monde spécifique, plus riche que celle des habitants des forêts. Les marées et les cycles de la lune donnaient aux communautés maritimes une conscience particulière des rythmes naturels ; et elles se souciaient fort de la connaissance et du mouvement des étoiles, ces auxiliaires de navigation. Naturellement, la migration est l’un des principaux thèmes abordés par Cunliffe, qui intervient donc dans l’acerbe controverse moderne sur l’importance des migrations et des invasions dans le changement culturel. Un sujet à propos duquel le balancier intellectuel n’a cessé d’osciller : au début du XXe siècle, on estimait que l’introduction des objets et des techniques était liée à l’arrivée de populations nouvelles – souvent des conquérants. Mais, après l’usage abusif de cette théorie « invasionniste » par les nazis et au moment où les empires européens commençaient à se désagréger, cette approche apparut dangereusement racialiste et colonialiste. Dans les années 1960, l’orthodoxie bascula, et l’on se mit à analyser le changement culturel essentiellement comme un phénomène endogène : les populations autochtones assimilaient peu à peu les nouvelles manières de faire, dont elles avaient connaissance par le commerce et les voyages. Enfin, plus récemment, le balancier a recommencé de bouger, l’analyse ADN des restes humains et la datation au carbone 14 corroborant le rôle considérable joué par les migrations.

La lumière ne vint pastoujours de l’Est

Cunliffe synthétise ces débats avec élégance. En néomigrationniste modéré, il reconnaît que les deux analyses ont leurs mérites. En mer Égée, par exemple, le développement de l’agriculture et du bagage néolithique s’est produit grâce au déplacement d’agriculteurs, des hommes pour la plupart, du Levant vers les îles et la Grèce, avec leurs chèvres et leurs moutons : environ 85 % des peuples néolithiques du sud-est de l’Europe – mais 20 % seulement des femmes – portent dans leur ADN des traces d’une origine asiatique (1). Plus au nord, en revanche, le bagage néolithique fut lentement assimilé par les chasseurs-cueilleurs indigènes du mésolithique. Et Cunliffe montre que la vieille tradition archéologique « invasionniste » avait tort de supposer que la « lumière » venait toujours de l’Est – conformément au dogme de l’ex Oriente lux. La coutume de construire des tombeaux mégalithiques n’est pas née autour de la Méditerranée pour se répandre vers l’ouest, jusqu’en Ibérie et aux côtes atlantiques, comme on le pensait autrefois ; la datation au carbone 14 a permis depuis de démontrer le contraire : les tombes à couloir de la façade atlantique ont environ deux mille ans de plus que leurs modèles supposés (2). L’école anti-invasionniste
, quant à elle, s’est toujours heurtée au fait que les premières traces écrites font état de mou¬vements massifs de populations, de conquêtes et de mutations culturelles provoquées par les migrations. Certains de ces récits sont vraisemblablement exagérés, mais beaucoup ne le sont pas. Europe Between the Oceans s’attelle à cette difficulté. Il se trouve que l’on a commencé d’écrire l’histoire à une époque – la fin de l’âge du fer – où des tribus et des peuples entiers renouèrent avec la mobilité à grande échelle dans le nord de l’Europe et la steppe pontique, après plusieurs millénaires de relative stabilité sur un continent parvenu à une forme d’unité dans la diversité grâce au commerce et aux contacts entre les populations. « Pendant cette période [de 1300 à 800 av. J.-C., la fin de l’âge du bronze], quelque chose comme une culture paneuropéenne commence à apparaître », écrit Cunliffe en s’avançant peut-être un peu. Mais, à partir de 500 av. J.-C. environ, « les populations vivant sur le vaste territoire s’étendant de la Marne à la Bohême furent aspirées dans un tourbillon de changement qui provoqua des migrations massives vers le sud et l’est » : ce sont les « migrations celtes » vers l’Italie, la Hongrie, la Grèce, le sud de la Russie et même l’Anatolie. Dans la steppe de la mer Noire, l’arrivée des Sarmates rejeta d’autres peuples nomades vers l’ouest. Vers 200 av. J.-C., la tourmente avait pris fin. Elle ne reprit qu’au début de l’époque romaine, lorsque les Cimbres et les Teutons commencèrent leurs périples à travers l’Europe centrale, la Gaule, l’Ibérie puis l’Italie, où ils furent anéantis par le consul Marius en 102 av. J.-C. Quelques siècles plus tard, à la fin de l’Empire, une pléiade de peuples germaniques franchissaient les frontières pour lancer des expéditions sporadiques à travers le continent et jusqu’en Afrique du Nord. « Les populations se déplacèrent alors à une échelle à peu près inédite. » Ces migrations et ces entreprises de colonisation – parmi lesquelles on peut mentionner l’arrivée des Saxons en Grande-Bretagne, les percées « vikings » et la conquête arabe du sud de la Méditerranée – se poursuivirent jusqu’au Xe siècle apr. J.-C.

Chercheurs de fortune

En bon braudélien, Cunliffe a le respect de la longue durée, des mutations lentes et souterraines, de l’influence de la géographie et du climat. Il ne voit donc dans les événements survenus en Méditerranée à partir de 500 av. J.-C. environ que « mouvements d’humeur à la surface d’évolutions plus profondes », quand les premières sources écrites ne parlent que d’une succession de guerres. Il ne s’en intéresse pas moins à l’influence des individus sur ces « évolutions plus profondes ». L’un des aspects les plus séduisants du livre est la constante curiosité de l’auteur pour l’« esprit d’aventure de la jeunesse ». Étudiant la manière dont l’agriculture et l’élevage ont pu se répandre à travers toute l’Europe mésolithique, il propose d’y voir l’effet d’un « système de valeurs intégrant la croyance selon laquelle les jeunes hommes ne peuvent acquérir de statut social qu’en se lançant dans des entreprises de colonisation ». Cunliffe réitère cette hypothèse quand il explique pourquoi les communautés grecques ont commencé de fonder des colonies lointaines aux VIIIe et VIIe siècles av. J.-C. ; et il y revient une fois encore quand il tente de percer le mystère des raids scandinaves dans l’ensemble du monde nordique à la fin du VIIIe siècle apr. J.-C., en évoquant « ces jeunes hommes ambitieux qui ont peut-être voulu chercher fortune dans de nouveaux mondes ». Cunliffe revient à la fin du livre sur la conquête néolithique, en la prenant pour preuve d’un trait permanent de l’ethos européen. Au-delà des besoins d’approvisionnement et de la pression démographique, « il semble qu’il ait existé une dynamique sous-jacente plus profonde », écrit Cunliffe. « Peut-être apercevons-nous ici un véritable esprit pionnier – un désir de voir ce qu’il y a au-delà, attiré vers l’ouest, peut-être, par une fascination pour le soleil couchant. » Le flux et le reflux de la « connectivité » des populations est un autre thème central du livre : l’alternance de périodes d’ouverture commerciale et de repli sur soi des sociétés. L’âge du bronze tardif attire Cunliffe en partie pour les raisons qui ont incité les bureaucrates de Bruxelles à y voir une sorte d’avant-goût de l’Union européenne : ce fut un temps de prospérité et de commerce à longue distance où les structures sociales et même les cultes semblèrent se développer à l’unisson sur tout le continent. Les valeurs du « seigneur-guerrier », avec son attirail standard d’armes de bronze et son chariot à quatre roues, étaient généralisées. Les rituels commençaient également à converger et, pour Cunliffe, on passa alors de l’adoration de la terre à la vénération du ciel. La substitution de la crémation à l’enterrement et le développement de la nouvelle triade iconographique oiseau-bateau-soleil sur les objets l’attestent à ses yeux : quelque chose comme une « universalité de croyance » émergeait alors.

La terrible invention du fer

Mais la préhistoire de l’Europe ne fut pas faite d’une simple progression linéaire vers l’unité et la prospérité générale. L’invention du fer a transformé le continent d’une manière terrible. Au nord, elle a coïncidé, au premier millénaire avant Jésus-Christ, avec un changement climatique : le temps devint plus froid et humide, l’agriculture plus difficile et moins productive. Ce fut le début d’une ère de déconnexion, la présence de fer sur l’ensemble du continent favorisant l’abandon des routes commerciales autrefois nécessaires à l’acheminement des composants rares du bronze. Les réseaux atlantiques disparurent ; le nord et l’ouest de la Grande-Bretagne semblèrent perdre tout contact avec le reste du monde. Les grands peuplements de l’âge du bronze cédèrent la place à des communautés plus petites, plus soupçonneuses, dont les hiérarchies contrôlaient de manière plus stricte les maigres ressources ; ce fut « comme si un système social fondé sur le contrôle de l’approvisionnement en bronze était remplacé par un autre, dédié à la maîtrise des surplus agricoles ». Au sud, la Méditerranée devint le théâtre de guerres et d’entreprises de colonisation agressives. L’ancienne stabilité de l’âge du bronze se dissolvait. Cunliffe montre clairement à quel point les élites européennes de l’âge du fer n’avaient de cesse d’accumuler rapidement richesse matérielle et pouvoir : régnait « une économie des biens de prestige », révélée par les trésors découverts dans les tombes des chefs de la civilisation de Hallstatt. La pression sociale en devenait intolérable. L’explosion de la consommation et le goût des élites pour les produits de luxe importés du monde grec se payaient au prix d’une augmentation vertigineuse de la production locale, extorquée à une population toujours plus nombreuse vivant sur des territoires toujours plus surpeuplés. Les dirigeants, pour accroître leur fortune, se tournèrent donc selon Cunliffe vers la chasse aux esclaves, qu’ils vendaient sur le marché méditerranéen. La guerre et l’insécurité se généralisèrent. L’Europe connut ses premières vagues de migration nord-sud. L’âge du fer culmina en Europe avec l’ascension de Rome. À moins qu’il ne se soit agi que d’un simple entracte. À un moment du livre, Cunliffe semble tenté de traiter la chose comme une anomalie passagère : « Sur la longue durée, la période de la domination romaine ne fut qu’un interlude. » Il poursuit néanmoins par une analyse précise du fonctionnement de l’Empire, notamment en Italie même, où le pillage permettait à la caste dirigeante de déposséder les petits paysans pour leur substituer des domaines cultivés par les esclaves. Et sa réponse à la vieille question du « déclin » et de la « chute » est magistrale et tranchante : des problèmes de productivité et de démographie minèrent une structure depuis toujours « fondamentalement instable ». L’Empire, explique Cunliffe, se composait de trois cercles concentriques. Le cercle intérieur, Rome et l’Italie, était fondamentalement improductif, mais consommait la production des provinces en les soumettant à une pression fiscale éhontée. Le cercle extérieur, les provinces frontalières où campaient des armées immenses et ruineuses, absorbait aussi plus de richesses qu’il n’en créait. Et le « cercle intermédiaire », qui fournissait les vivres et l’essentiel des matières premières (Espagne, Gaule, Afrique, Asie Mineure, Syrie et, surtout, Égypte), était constamment écrasé sous des exigences fiscales et des objectifs de production grandissants ; à mesure que le commerce se développait, la croissance de la masse monétaire créait de l’inflation et la monnaie était dévaluée ; jusqu’à l’effondrement de tout le système. Même les réformes de Constantin et de Dioclétien n’ont fait qu’enrayer provisoirement la crise de la production et du commerce (3). Au IVe siècle apr. J.-C., les grandes villes des Provinces, à moitié vides, dépérissaient. Aux sécessions et aux révoltes régionales succédèrent les invasions.

Un si fragile Empire

Au IIe siècle, la démographie devint négative, après que la désastreuse peste antonine de 166 eût entraîné une pénurie générale de main-d’œuvre. La population continua de décroître et la volonté de Marc Aurèle et de ses successeurs d’accueillir de nouvelles tribus au sein de l’Empire pour les installer sur les terres abandonnées ne pouvait plus inverser la tendance. « L’édifice fragile de l’Empire commença à s’effondrer. » À mesure que Cunliffe passe de l’apogée de Rome à la période postromaine et à l’aube du Moyen Âge, moment où l’Europe réaffirme sa diversité, la teneur du livre change. Le récit se fait plus chronologique ; les conjectures fécondes, les anecdotes archéologiques et les grandes théories qui rendent si haletante son analyse de la préhistoire se raréfient. Mais, vers la fin, l’auteur tire à nouveau certains de ses fils préférés. Alors que l’énergie de l’énorme déflagration viking et scandinave se dissipe, alors que le monde méditerranéen « s’épuise en rivalités infinies », l’« Europe atlantique » revient en force et se prépare à de nouveaux exploits. Des navires plus grands et plus robustes naviguent le long de ces rivages et, « chez ces peuples, l’attrait de l’Ouest n’avait pas disparu. C’est depuis les ports de l’Espagne et du Portugal, puis de la Grande-Bretagne, de la France et des Pays-Bas, que tant d’habitants de la péninsule de la Vieille Europe firent voile vers un monde plus vaste ».

L’intelligence des détails

D’un livre aussi riche et imposant que celui-ci, le lecteur ressort non seulement avec une perspective globale mais aussi avec l’éclat d’une foule de détails. Pour ma part, je n’oublierai jamais l’image de l’énorme poisson rouge orné de lions retrouvé dans une tombe scythe du VIe siècle av. J.-C. en Allemagne, ou celle de l’horrible charnier néolithique de Talheim rempli de paysans massacrés avec leurs enfants, ou encore celle du squelette d’un chef agrippant son sceptre de pierre et exhibant d’un air de défi son étui pénien en or, dans une tombe de Varna, en Bulgarie. Mais mon passage préféré est un moment d’interprétation. Vers 9000 av. J.-C., des aventuriers du mésolithique atteignirent la Sardaigne et la Corse. Ils s’installèrent dans de petites grottes de la côte, mais seulement par intermittence : il est clair qu’il s’agissait de populations nomades qui multiplièrent les allées et venues pendant des siècles. Comment le sait-on ? Parce que, dans ces grottes, entre les couches de dépôts constitués d’arêtes de poissons et d’os d’oiseaux et de lièvres, on a retrouvé des couches composées exclusivement de boulettes de résidus de Bubo insularis, le hibou nain corso-sarde aujourd’hui éteint. Entre des décennies bruissantes du bavardage des hommes, des cris d’enfants et du crépitement des feux de bois, il y eut des siècles de silence uniquement troublé par le gazouillis des oiseaux. Ça, c’est de l’archéologie !   Ce texte est paru dans la London review of Books. Il a été traduit par Étienne Dobenesque.
LE LIVRE
LE LIVRE

L’Europe entre les océans de Barry Cunliffe, Yale University Press, 2008

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