Brève histoire du vivant
Publié en février 2026. Par Olivier Postel-Vinay.
Pourquoi le cœlacanthe est-il plus proche de nous que le poisson rouge ? Parce que ses nageoires anticipent les os de nos membres. Une bonne raison de manger un homard ? Observez les branchies à la base des pattes : ce sont les probables précurseurs des ailes des insectes. Pourquoi, au regard des autres singes, les testicules des humains ne sont ni gros ni petits ? Parce que – le croiriez-vous ? – notre espèce n’est ni vraiment polygame ni vraiment monogame. Spécialiste de l’origine des animaux, Max Telford nourrit son livre de remarques savoureuses, mais son ambition est ailleurs. Tout en présentant les chercheurs qui ont scandé l’histoire de son dévoilement, c’est l’état de notre savoir sur l’arbre de la vie qu’il expose avec un enthousiasme communicatif. Un puzzle monstrueux, que l’auteur reconstruit avec sûreté mais aussi humilité, note Charles Foster dans The Times Literary Supplement. À certaines des questions qu’il pose, il répond simplement : « Je n’en sais absolument rien ».
Le biologiste part des tout débuts, vers 3,5 milliards d’années ou davantage, quand s’est mystérieusement formé, au fond des mers, l’hypothétique ancêtre commun de tous les êtres vivants actuels. Une modeste bactérie... Et nous emmène pour finir au bout de l’aventure, que voici en deux mots : les continents vont entrer en collision dans un petit 250 millions d’années, provoquant des éruptions volcaniques effroyables qui viendront à bout des mammifères ; d’autres êtres vivants subsisteront, mais pas pour longtemps ; bientôt ne resteront plus que des bactéries et dans trois milliards d’années le Soleil aura fait bouillir l’eau de sa planète préférée. Tout est relatif.
