Des pathologies peu ordinaires

Si la musique est en soi un phénomène très étrange, les pathologies auxquelles elle est parfois associée le sont plus encore. Elles témoignent d’un héritage génétique très ancien et suggèrent que nombre d’entre nous consacrent sans le savoir beaucoup d’énergie à inhiber notre sens musical – lequel est intimement lié à notre sexualité.

La musique est si omniprésente et si ancienne dans l’espèce humaine, elle est à ce point partie intégrante de notre nature que nous devons y être sensibles de naissance : il doit exister un instinct de la musique. De même que nous nous mettons naturellement au langage, telle une chose relevant de notre patrimoine inné, la musique doit avoir une base génétique spécifique et participer de la structure même du cerveau. Notre amour de la musique plongerait dans des abîmes de perplexité un extraterrestre dénué de tout sens musical, tout comme ce qui nous transporte laisse froids d’autres animaux terrestres. La musique est absolument normale pour les membres de notre espèce, mais elle est en réalité parfaitement excentrique. On sait, de surcroît, que la musique active la quasi-totalité du cerveau humain : les centres sensoriels, le cortex préfrontal qui sous-tend les fonctions rationnelles, les aires émotionnelles, l’hippocampe pour la mémoire, et le cortex moteur pour le mouvement. Quand vous écoutez un morceau de musique, votre cerveau grouille ...
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Musicophilia. La musique, le cerveau et nous de Oliver Sacks, Seuil, 2009

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