Esprit critique et pouvoir technocratique

Quand les mots sont vidés de leur sens, comme on le constate dans les régimes « illibéraux » mais aussi dans nos démocraties, la critique perd toute justification. Le pouvoir technocratique en sort renforcé.


© Denis Pessin pour Books
Pour mettre fin aux guerres ­civiles qui ensanglantaient l’Europe depuis plus d’un siècle – guerres de Religion en France, guerre de Trente Ans en ­Europe centrale, guerre civile anglaise sous Cromwell –, les monarchies absolues ou modernes ont pris au XVIIe siècle la forme que Hobbes a décrite dans Léviathan. En échange de la garantie de leur sécurité, les sujets ont abandonné leur liberté ­civile mais conservé la liberté de penser en leur for intérieur. La dissociation est devenue complète entre ce qui relevait de la ­société, donc du pouvoir, et ce qui était du ressort de l’individu isolément. L’État prenait la forme d’une organisation ration­nelle dont Giovanni Botero puis Jean Bodin avaient jeté les fondements avec la raison d’État, tandis que l’individu était réduit à un sujet émotionnel dont il fallait contrôler les impulsions – ou les passions dans le langage de l’époque.   Dans Le Règne de la critique, l’historien Reinhardt Koselleck a détaillé la lente réappropriation de la raison par les individus grâce au développement de la critique. ...
LE LIVRE
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Malaise dans l’identité de Hervé Le Bras, Actes Sud, « Sciences humaines », 2017

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