Gertrude Bell, architecte de l’impossible Irak

Elle a appris l’arabe, le persan et l’hébreu, escaladé des sommets alpins et sillonné le Moyen-Orient, jusqu’à être mandatée par le gouvernement britannique pour le représenter dans ce qui deviendra l’Irak. Le portrait sans complaisance brossé ici montre une femme libre et lucide, qui a su se faire accepter des chefs et autres cheikhs locaux mais a souvent manqué de clairvoyance et de finesse politique. 


Au cours de ses voyages au Moyen-Orient, Gertrude Bell participa à plusieurs missions archéologiques. Comme ici, en 1909, lorsqu’elle rejoignit Robert Koldewey, qui dirigeait des fouilles à Babylone. © IanDagnall Computing / Alamy

Quand les Britanniques eurent besoin d’un représentant à Bassora pendant la Première Guerre mondiale, ils choisirent une femme de 46 ans qui n’avait jamais travaillé, sauf quelques mois comme volontaire pour la Croix-Rouge en France. Riche, inexpérimentée, elle était diplômée d’Oxford mais dépourvue de formation en relations internationales, sans la moindre connaissance en matière d’administration, de politique ou de gestion. Pourtant, entre 1916 et 1926, Gertrude Bell gagna le respect des hommes d’État arabes et l’admiration de ses supérieurs, fonda un musée national, acquit une connaissance approfondie de la politique au Moyen-Orient et aida à concevoir la Constitution, à sélectionner les dirigeants et à dessiner les frontières d’un nouvel État. Créé en 1920 à partir des trois provinces ottomanes de Bagdad, Bassora et Mossoul, qui avaient été conquises et occupées par la Grande-Bretagne pendant la guerre, ce pays fut appelé Irak et placé sous mandat britannique.

Lorsqu’en 2003 je servais comme fonctionnaire britannique dans le sud de l’Irak, j’ai souvent entendu les Irakiens comparer mes collègues femmes à Gertrude Bell. Plus ...

LE LIVRE
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La Reine du désert. Vie de Gertrude Bell de Janet Wallach, Bayard, 1997

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