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Politique
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Le grand mystificateur du Kremlin

Vladislav Sourkov n’est pas seulement le principal idéologue du régime de Poutine. Cet influent conseiller est probablement aussi l’auteur de plusieurs romans, souvent prémonitoires, qui servent de  laboratoire à ses idées et, peut-être, d’exutoire à ses compromissions.

À l’été 2009, un court roman a fait sensation à Moscou. Centré sur un personnage d’éditeur gangster amateur de poésie, le livre est une satire noire, absurde, caustique et très bien informée de la corruption et des machinations politiques de la Russie postsoviétique, le tout agrémenté de collages et de réfé­rences littéraires. Si Okolonolia, ou « Proche de zéro », qui avait pour sous-titre Gangsta Fiction dans l’édition russe, a fait sensation, c’est en raison de l’identité de son ­auteur, un inconnu du nom de Natan Doubovitski. On a très vite suspecté (non sans l’aide d’un tuyau anonyme fourni par son éditeur au quotidien Vedo­mosti de Saint-­Pétersbourg) qu’il s’agissait du pseudonyme de Vladislav Sourkov, alors chef adjoint de l’administration présidentielle. Cet idéologue du Kremlin était sans doute à l’époque le deuxième ou troisième homme le plus puissant du pays. C’est Sourkov, tour à tour qualifié de polittekhnolog ou « sorcier de la com’ » (1), d’« éminence grise » et de « tireur de ficelles », qui avait créé et orchestré la fameuse « démocratie souveraine » chère à Vladimir Poutine, la Russie stabilisée par la force, dirigée d’en haut, faussement démocratique et toujours pourrie de l’intérieur qu’Okolonolia brocarde férocement. Grâce à Inpatient Press, un petit éditeur audacieux de Brooklyn, « Proche de zéro » est désormais disponible en anglais. Inpatient Press ne tourne pas autour du pot et crédite Vladimir Sourkov comme auteur. Quantité d’hommes politiques écrivent des romans, mais rarement des autosatires aussi dévastatrices. Partagé entre l’éloge et la condamnation, le documentariste Adam Curtis qualifie Vladislav Sourkov de « héros de notre temps » pour avoir réussi à transformer la réalité russe en « une effarante pièce de théâtre en mutation constante ». Et pour avoir fourni, en quelque sorte, un modèle initial à la tactique médiatique de Donald Trump consistant à semer le chaos et la confusion. Et quel personnage fascinant, pervers et complexe émerge de la biographie de Sourkov ! Un grand propagandiste du pouvoir aux velléités artistiques, un bras droit d’autocrate doublé d’un esthète bohème, qui a pris des cours de théâtre dans les années 1980 à l’Institut de la culture de Moscou (avant d’en être exclu à la suite d’une bagarre). Alors que l’URSS s’effondre, Sourkov dirige la communication de la banque Menatep, la première société de l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, et c’est là qu’il rencontre sa femme, Natalia. Peu après, il prend la direction d’une éphémère association des publicitaires russes. Après une nouvelle tentative pour travailler avec Khodorkovski, qui vient d’acquérir le géant des hydrocarbures Ioukos dans les années 1990 (une affaire maudite qui le conduira en prison après l’offensive lancée par Poutine contre les oligarques durant la décennie suivante), Sourkov rejoint Alfa Bank, que l’on retrouve aujourd’hui dans le « dossier Trump » pour sa participation présumée à l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016 (ses dirigeants protestent vigoureusement et ont intenté un procès en diffamation). Ensuite, il dirige une grande chaîne de télévision avant de mettre ses talents de communicant et de lobbyiste au service du président Eltsine, puis de Poutine et de Medvedev. Même au gouvernement, Sourkov trouve le temps d’écrire des articles sur les films de Bollywood et le peintre Joan Miró dans l’élégante revue culturelle Rousski Pioner (2), qui publiera « Proche de zéro » dans un numéro spécial. Sourkov a aussi écrit les paroles de plusieurs chansons du groupe russe de rock Agata Kristi (plus tard, leur leader poursuivra en justice un critique musical qui l’avait traité de « caniche de Sourkov »). L’homme ne cache pas son admiration pour la figure du gansta rap Tupac Shakur et peut citer par cœur des poèmes d’Allen Ginsberg, quoique avec un accent russe à couper au couteau. Dans son vaste bureau du Kremlin, les portraits de Poutine et de Medvedev côtoient des photos de Jorge Luis Borges, de John Lennon, de Che Gevara et de Joseph Brodsky jeune, ainsi que de Tupac en sweat à capuche, d’Obama pensif et de Bismarck maussade. Dans ses costumes Ermenegildo ­Zegna anthracite bien coupés, Sourkov a un peu l’allure de Rowan Atkinson, l’acteur de Mr. Bean, mais en plus fringant. Cet homme impénétrable est consi­déré – et surtout se considère lui-même – comme un génie créatif. Son drame, écrivent les journalistes Zoïa Svetova et Iegor Mostovshchikov dans le magistral portrait qu’ils ont brossé de lui dans le magazine russe The New Times, est qu’il s’imagine meilleur et plus intelligent que ses patrons, même s’« il joue toujours les seconds rôles ». En 2005, le personnage de Sourkov a acquis un degré de complexité supplémentaire quand celui-ci a révélé dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que son père était tchétchène. Contrairement à ce que disait sa biographie officielle, l’éminence grise de Poutine avait vécu les cinq premières années de sa vie dans un village près de Grozny. Né sous le nom d’Aslambek Doudaïev en 1962 (ou 1964), Vladislav prend le nom de jeune fille de sa mère russe après que son père a abandonné la famille en Tchétchénie. Puis le jeune Sourkov et sa mère s’installent près de Riazan, dans l’ouest de la Russie. ­Ainsi, le futur ­marionnettiste du Kremlin apprend très vite ce que c’est que de changer d’identité. Son village natal, Douba-Iourt, sera plus tard rasé par les bombardements russes lors des guerres féroces que Moscou livrera contre les séparatistes tchétchènes. Par un de ces paradoxes typiquement sourkoviens, il va devenir le principal défenseur de ­Ramzan ­Kadyrov, l’homme fort de la Tchétchénie dans l’entourage de Poutine. Ancien rebelle, Ramzan ­Kadyrov deviendra ainsi un allié essentiel de Moscou dans sa lutte contre l’extrémisme islamiste dans cette république du Caucase qu’il continue de gérer d’une main de fer. Dans une note de
2007, l’agence de renseignement privée Stratfor, établie aux États-Unis, juge Sourkov « dénué de tout scrupule et d’un opportunisme extraordinaire et pathologique ». Sourkov a démenti être Natan Doubovitski dans les colonnes de Rousski Pioner et il continue mollement à le faire, même s’il se trouve que le nom de jeune fille de son épouse est Doubovitskaïa. Ce canular flagrant (certains affirment que Sourkov était lui-même la source du tuyau anonyme fourni à Vedomosti) fait penser à ce qu’Adam Curtis considère comme un trait caractéristique de la tactique politique de Sourkov : faire savoir ce qu’il fait. Par exemple, il va soutenir officiellement des ONG de défense des droits de l’homme tout en pilotant et en finançant des groupes de jeunes patriotes pro-Poutine qui vont s’en prendre à ces mêmes ONG. « Résultat, personne ne peut démêler le vrai du faux », dit Curtis dans son documentaire de 2016, HyperNormalisation. « Proche de zéro » s’ouvre sur un personnage lisant à haute voix un texte qu’il essaie de vendre – un de ces récits et poèmes qui surgissent tout à coup dans le roman. Ce texte s’inspire fortement de Borges et de son personnage qui écrit sans le savoir la copie exacte d’un livre existant – dans le cas présent, une dystopie d’Evguéni Zamiatine, écrivain soviétique du début du XXe siècle. Le plumitif, de surcroît, est un forcené à l’allure de loup-garou nommé Victor O., une allusion limpide à Viktor Olegovitch Pelevine, l’un des grands satiristes russes contemporains dont les œuvres sont régu­lièrement vilipendées par les groupes de jeunes pro-Poutine soutenus par Sourkov. Le ton de « Proche de zéro » est ainsi donné d’emblée : le roman va, du début à la fin, se nourrir de ses jeux de piste littéraires. Ses 46 petits chapitres sont truffés d’allusions et de citations. L’acquéreur du récit de Victor O. se trouve être le gangster du sous-titre du livre, un homme d’âge mûr, un peu désabusé, ancien rat de bibliothèque nommé Iégor Samokhodov. Iégor s’est enrichi grâce à l’écriture, qui était une affaire lucrative dans les années chaotiques qui ont suivi la chute de l’URSS. Des bandes armées se font désormais la guerre pour des imprimés, nouveaux, ­anciens ou contrefaits, comme les cartels le font avec la cocaïne et l’héroïne. Il s’agit là d’une plaisanterie caustique qui met en regard la vénération des Russes pour la littérature dans les dernières années de l’URSS et le pillage auquel se sont livrés les oligarques dans les années 1990. Iégor exerce donc son métier d’éditeur comme s’il était un trafiquant de drogue, et l’arme à feu fait partie de sa panoplie professionnelle. Nous le voyons faire sa tournée des popotes. Il soutire des vers à un poète carburant à la vodka pour les fournir à un client, un gouverneur de région, qui les publiera sous son nom ; il discute affaires dans un sauna avec un tueur à gages obsédé par la religion qui collectionne des nouvelles et autres formats courts ; il signe un contrat avec une vieille actrice aux ambitions littéraires alors qu’elle se prélasse dans son bain moussant. Pendant ce temps, de jeunes terroristes à la fois russophiles et djihadistes fabriquent des bombes et participent à des controverses théologiques, ce qui ne manque pas d’aboutir à un face-à-face armé digne d’un film de Tarantino. Vu l’identité présumée de l’auteur de « Proche de zéro », le lecteur se met à jouer avec une certaine fébrilité les détectives à la recherche de preuves et d’indices d’un roman à clé, de pistes menant à l’éminence grise. On tombe sur certains indices évidents, comme le fait que Iégor travaille dans la com’ pour arron­dir ses fins de mois. Il achète le ­silence d’un journaliste critique à l’égard de son client gouverneur ou orga­nise des débats politiques truqués à la télévision. Iégor est aussi décrit comme étant « peut-être le premier dans ce pays ­raciste qu’est la Russie à comprendre les gros mots des rappeurs américains ». Et puis, il y a l’évocation de l’enfance provinciale de Iégor, qui semble concorder avec celle de Sourkov après son départ de Tché­tchénie, entre une mère célibataire et une grand-mère énergique (ici, une bouilleuse de cru clandestine nommée Anto­nina Pavlovna, « comme Tchekhov »). Igor Fedorovitch, un autre personnage du roman, apostrophe Iégor ainsi : « Tout t’indiffère, rien ne t’émeut, parce que tout autour de toi est insignifiant et futile. Il faudrait quelque chose de vraiment grandiose pour te faire vibrer. Quelque chose de si énorme que le monde entier paraîtrait riquiqui. » C’est peut-être Sourkov s’adressant à son reflet dans le miroir. « Proche de zéro » se clôt par un affron­tement entre Iégor et un ennemi dément, sans que l’on sache si tout cela est réel ou imaginé par le personnage. Ce qui est clair, c’est qu’il s’agit d’un pastiche de la scène de vengeance de Humbert ­Humbert dans Lolita. Certains critiques complaisants se sont d’ailleurs extasiés devant le style « nabokovien » de « Proche de zéro ». L’écriture est incontestablement savoureuse et vive, parfois lyrique, le ton mordant et la satire perçante. Les quelques passages porteurs d’une émotion authentique cohabitent avec l’indispensable dose de cynisme russe. « C’est exactement le genre de livre que les groupes de jeunes de Sourkov brûlent sur la place Rouge », notait le journaliste britannique d’origine russe Peter Pomerantsev dans la London ­Review of Books (3). En Russie, « Proche de zéro » a suscité toutes sortes de réactions, allant de l’admiration au mépris. Le réalisateur ultranationaliste et pro-Poutine Nikita Mikhalkov, auteur de Soleil trompeur, a encensé le roman, le qualifiant de « chef-d’œuvre… un livre comme on n’en avait jamais vu depuis Le Maître et Marguerite ». Un autre critique ricanait dans les pages de Rousski Pioner : « Il est clair que l’auteur n’a rien à dire. Alors il fait le pitre. Il n’y a rien derrière toutes ces paraphrases, redites, rabâchages… C’est un pseudo-roman ou un épouvantail. » Le critique en question était naturellement Vladislav Sourkov lui-même, signant de son véritable nom. Peu après, il changea d’avis et déclara, lors d’un événement organisé par Rousski Pioner, que « Proche de zéro » était un « superbe ­roman ». Il n’avait, de son aveu, jamais rien lu d’aussi bon. Alors, pour reprendre les termes de Curtis, laquelle des deux opinions était vraie et laquelle fausse ? Un bel entrelacs d’épines, aurait dit Humbert Humbert. L’histoire ne s’arrête pas là : en 2011, « Proche de zéro » a été adapté au théâtre par le metteur en scène Kirill Serebrennikov, une coque­luche de l’avant-garde. Sourkov s’est pointé à une des représentations (Serebrennikov est aujourd’hui inculpé dans une affaire de détournement de fonds publics plus que douteuse. Assigné à résidence, il n’a pas pu assister à première de son ballet très controversé consacré au danseur étoile ­Rudolf Noureev). En 2011 est paru un deuxième ­roman de Doubovitski, « Mashinka et Velik », du nom de deux adolescents qui sont ­assassinés dans le récit. Ce livre a également fait sensation. Un critique de renom a parlé de « portrait dévastateur d’une Russie qui s’attaque à ses propres ­enfants ». Ne revendiquant pas cette fois non plus la paternité du livre, Sourkov s’extasiait dans une interview : « C’est le dernier livre que je lis de ma vie. Je ne peux pas. […] Les autres ne lui arrivent pas à la cheville. » Puis, début 2014, en pleine intervention clandestine de la Russie en Crimée et dans l’est de l’Ukraine, Natan Doubovitski a publié une étonnante nouvelle dystopique, Bez Neba (« Sans ciel »). L’action se situe pendant la Cinquième Guerre mondiale, un conflit « non ­linéaire » entre des alliances multiples, confuses et sans cesse changeantes. Le combat physique n’est qu’une phase de cette guerre, mais il a effacé le ciel au-dessus du village du narrateur. Ou bien les survivants ne sont plus capables que de percevoir la réalité en deux dimen­sions. C’est « oui » ou « non », « noir » ou « blanc ». Et ces survivants en 2D, nous prévient le narrateur, chercheront à se venger de la ville qui a refusé de les ­accueillir. C’est un récit inquiétant, ­dérangeant – d’autant plus que nous avons des raisons de penser que c’est l’homme qui a imaginé les opérations « non linéaires » russes en Crimée et dans le Donbass qui relate cette histoire, par l’intermédiaire des victimes. « Sans ciel » est-il un autre élément retors de cette stratégie non linéaire ? Sourkov fut rétrogradé aux Affaires économiques en 2011, après que les mani­festations contre le troisième mandat de Poutine eurent montré les limites des stratagèmes de « démocratie dirigée », qui furent écartés au profit de la répression brutale. Curieusement, ou tout simplement fidèle à lui-même, Sourkov déclara que les manifestants étaient « parmi les meilleurs éléments de la société russe » et que lui-même était « trop détestable pour ce meilleur des mondes ». En 2013, il démissionna du gouvernement après avoir été mis en cause dans des affaires de corruption dont il fut par la suite blanchi. On le vit pêcher avec Kadyrov en Tchétchénie, puis Poutine le rappela auprès de lui comme conseiller spécial sur les questions ukrainiennes son rôle dans l’anne­xion de la Crimée lui a valu de faire partie des personnalités russes frappées de sanctions par les États-Unis en 2014. Aujourd’hui, Sourkov fait parler de lui dans les médias américains en tant que représentant de Poutine dans les pourparlers avec Washington sur le sort de l’est de l’Ukraine. En Russie, sa propriété au sein d’un complexe résidentiel sécurisé pour oligarques des environs de Moscou est une cible de l’offensive anticorruption menée par l’opposant Alexeï Navalny. Dans une vidéo produite par ce dernier et très partagée sur Internet, on peut voir son épouse, Natalia Doubovitskaïa, avec ses amies à une garden party où elles portent toutes des costumes et des perruques de l’époque de Marie-Antoinette. Comment un lecteur non russe doit-il aborder « Proche de zéro » ? J’ai ­demandé conseil à des Russes. La journaliste Masha Gessen n’a pas lu le ­roman. « Devrais-je ? » m’a-t-elle demandé. Je lui ai répondu que je trouvais Sourkov fascinant et suprêmement intelligent. « Aucun d’entre eux n’est intelligent », a-t-elle rétorqué. Maria Aliokhina, des Pussy Riot, a été étonnée lorsque j’ai mentionné « Proche de zéro » lors du débat après sa représentation à New York avec la troupe du Théâtre libre de Minsk, interdit de scène en Biélorussie. « Ça ne m’intéresse pas de le lire, je n’en ai pas envie », a-t-elle répondu. On peut la comprendre : lorsqu’elle a été arrêtée et placée en détention avec deux autres membres de Pussy Riot après leur performance punk dans la cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, en 2012, c’est Sourkov qui était chargé des questions religieuses au gouvernement. J’ai aussi envoyé un courriel au romancier Vladimir Sorokine, dont les ­satires au vitriol contre le ­régime ont été, comme celles de Pelevine, ­attaquées par les groupes nationalistes de jeunes mis en place par Sourkov. « Oui, m’a-t-il ­répondu de Berlin, où il réside actuellement, on dit que c’est un livre de Sourkov, et c’est peut-être vrai. J’ai lu une vingtaine de pages, et ça m’a suffi. C’est de la littérature de seconde main. Il n’y a pas d’espace, pas d’air. Juste une tentative d’écrire un “roman postmoderne contemporain”. C’est rasoir. » Quant au réalisateur Adam Curtis, il n’a pas encore lu « Proche de zéro » mais compte le faire. Dans la suite d’HyperNormalisation qu’il tourne en ce moment, il établit un lien entre les ­entorses à la réalité de Trump et l’homme qui a théâtralisé la politique russe. C’est à cet homme que l’on doit, selon toute vraisemblance, Natan Doubovitski et sa gangsta fiction.   — Cet article est paru dans The New York Review of Books le 22 janvier 2018. Il a été traduit par Alexandre Lévy.
LE LIVRE
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Almost Zero de Natan Doubovitski, Inpatient Press, 2017

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