La châtelaine et le vagabond

Elle ? La quintessence de la Gentry. Lui ? Le plus grand écrivain-voyageur  de son temps. Ils se sont écrit pendant cinquante ans. So British.

Vers la fin de ce délectable recueil de lettres, choisies et éditées avec talent par Charlotte Mosley, Deborah Devonshire, 85 ans passés, envoie de [son domaine de] Chatsworth une carte postale à son ami Patrick Leigh Fermor, 90 ans, qui vit en Grèce (1) : « Savais-tu que les Vikings appelaient Constantinople Micklegarth ? Authentique. Tendrement, Debo. » « Je le savais, répond-il. J’ai écrit là-dessus quelques paragraphes piquants dans ce livre intitulé Mani. En fait, c’est Micklegard.» « Cela continue de me surprendre, réplique Debo. Pas toi, apparemment. » Il y a dans cet échange l’essentiel ce qui fait le charme so British de cette correspondance. Tous deux ont plus de goût pour les faits, les plaisanteries, les histoires que pour les sentiments. Nulle trace d’introspection dans cet épais volume.
Chacun fermement campé dans son personnage : elle, la non-intellectuelle, souverainement indifférente à la culture étrangère ; lui, l’érudit, débordant de savoir. Liés d’une profonde affection, partageant de nombreux amis, ils mènent des vies différentes dans des pays différents, ont des goûts différents, usent de langages différents, mais ils ont en commun leur ...

LE LIVRE
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En toute hâte. Correspondance entre Deborah Devonshire et Patrick Leigh Fermor de La châtelaine et le vagabond, John Murray

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