Le crime qui a fait Poutine

Attribués aux Tchétchènes, les attentats qui ont frappé Moscou en 1999 ont été commis par les services de sécurité russes, sous l’égide d’un certain Vladimir Poutine. La rumeur courait depuis longtemps. L’accablante énumération des faits rapportés dans un livre qui fera date ne laisse plus aucune place au doute. Le crime a permis à un Premier ministre fraîchement nommé par le clan Eltsine de se hisser au pouvoir dans des habits d’homme fort. En envahissant la Tchétchénie.

En l’an 2000, Sergueï Kovalev, qui était alors le président très respecté de l’organisation russe de défense des droits de l’homme Mémorial, observait dans la New York Review of Books que les attentats contre des immeubles d’habitation qui avaient fait trois cents morts et des centaines de blessés en septembre 1999 à Moscou « marquaient un tournant dans notre histoire contemporaine. Passé le premier choc, il est apparu que nous vivions désormais dans un pays complètement différent (1)... ». Les attentats, souvenons-nous, ont été attribués aux rebelles tchétchènes et utilisés par le Kremlin de Boris Eltsine pour justifier le déclenchement d’une seconde guerre meurtrière contre la Tchétchénie (2). Ils ont aussi joué un rôle majeur dans l’ascension de Vladimir Poutine, lui permettant d’être désigné successeur du président en 2000 et d’asseoir la domination qu’il exerce depuis lors sur la scène politique russe. Comme le souligne John B. Dunlop dans The Moscow Bombings, ces attaques furent le 11 Septembre des Russes. Elles suscitèrent une phobie du terrorisme – assortie d’un désir de vengeance contre les ...
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Les attentats de Moscou de septembre 1999 de Le crime qui a fait Poutine, Ibidem Verlag

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