Seconde Guerre mondiale : peut-on être juif et hongrois ?

Mêlant fiction et documents d’archives, Pál Závada explore le quotidien d’une famille d’industriels juifs hongrois qui consentent à céder tous leurs biens aux nazis pour avoir la vie sauve.


© Kelemen József / Théâtre national de Szeged

Collaboration avec les nazis ou instinct de survie ? L'histoire de la famille Weiss laisse perplexe. Avant d'en tirer un roman, Pál Závada en a fait une pièce de théâtre.

Au printemps 1944, dans la Hongrie occupée par l’Allemagne nazie, une famille juive hongroise signe un accord avec l’officier SS Kurt Becher, opérant pour le compte de son chef Heinrich Himmler. En échange de leurs biens mobiliers et immobiliers et, surtout, de leur usine sidérurgique, les membres de la famille de Manfréd Weiss (une quarantaine de personnes au total), sont autorisés à quitter le territoire. Les SS les accompagnent jusqu’à un avion qui les conduira dans des zones non occupées, en Suisse et au Portugal. Certains verront là l’histoire d’une collaboration avec les nazis, d’un pacte conclu avec Satan et d’une trahison envers leur pays ; d’autres y reconnaîtront la manifestation de l’instinct de survie qui nous pousse à échapper au cataclysme. Mais l’histoire de la famille de l’industriel Manfréd Weiss est bien trop complexe pour que l’on puisse trancher simplement la question. D’ailleurs, elle laisse perplexe même les historiens. Quelle peut être, dès lors, la contribution d’un roman qui transpose les événements historiques dans un cadre de fiction ? Dans son dernier roman, <...
LE LIVRE
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Hajó a ködben (« Un bateau dans le brouillard ») de Pál Závada, Magveto, 2019

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