Témoigner de la diaspora vénézuélienne
Publié en janvier 2026. Par Books.
Rodrigo Blanco Calderón fait partie des quelque 8 millions de Vénézuéliens qui ont quitté leur pays en raison de l’impéritie du gouvernement chaviste de Nicolás Maduro, arrivé au pouvoir en 2013, enlevé et séquestré le 3 janvier dernier par l’armée nord-américaine. Après avoir émigré en 2015, il vit depuis sept ans à Málaga, en Espagne, où ses livres sont publiés. Né en 1981, il a fait un doctorat de littérature et linguistique à Paris et deux de ses romans sont traduits en français : The Night et De l’amour des chiens.
Venecos est un recueil de treize nouvelles, autant de récits de la diaspora vénézuélienne, fondées sur des histoires qu’il dit avoir surtout recueillies auprès de femmes. « Le chavisme est une punition que nous nous sommes infligée », confie-t-il au quotidien El País. La plupart des exilés vivent leur situation comme une « amputation ». Pour autant, il se défend de tomber dans la nostalgie, « un poison qui fausse l’expérience », affirme-t-il. Il s’agit moins ici de politique que de littérature. Les divers récits qu’il a assemblés partent de « situations, personnages et anecdotes très concrets », dit-il.
Dans l’une des nouvelles, intitulée « La vieillesse », il se moque gentiment d’un ancien guérillero qui a fait de la prison sous le dictateur Jiménez, dans les années 1950. Il lui rend visite. Que sont devenus les idéaux révolutionnaires ? De nos jours, écrit-il en désignant le sac que porte son interlocuteur, « la subversion consiste à porter une certaine marque de chaussures, de sacs ou de téléphones portables et à tenter sa chance ».
Le mot « Venecos » a longtemps été employé par les voisins des Vénézuéliens pour les désigner, avec une nuance péjorative.
