Amerigo l’imposteur
par Juan Eloy Gelabert Gonzáles

Amerigo l’imposteur

L’Amérique doit son nom à Amerigo Vespucci, filou notoire qui parvint à se faire passer pour son découvreur. Histoire d’une étonnante falsification.

Publié dans le magazine Books, janvier - février 2009. Par Juan Eloy Gelabert Gonzáles
La chance, dit-on, sourit aux vauriens. Amerigo Vespucci doit ainsi sa postérité au simple fait que quelqu’un s’avisa de baptiser un continent de son nom, sans se soucier des conséquences. Or la chance considérable du Florentin est sans commune mesure avec l’étendue de ses méfaits. Et il est fort malaisé de faire le récit des exploits d’un imposteur tout en faisant étalage de ses mystifications (géographiques, astronomiques…). Felipe Fernández-Armesto offre donc un beau cadeau au lecteur en s’attelant si brillamment à la tâche, levant le voile sur la vie de celui qui passe volontiers pour une sorte d’alter ego de Colomb. L’histoire commence à Florence, où Amerigo Vespucci naît en 1454. Les relations commerciales de la ville avec Séville sont alors en plein essor. Étudiant médiocre, Amerigo devient vite « une espèce de charlatan », raconte Fernández-Armesto, «un proxénète », « un entremetteur », non sans un « côté jouisseur et picaresque qui lui permettait de tirer de menus profits des bas-fonds, au moyen de trafics hasardeux et de fréquentations douteuses ». Il s’adonnait, en outre, à «l’escroquerie » et autres « activités fort peu honnêtes ».L’appel du Nouveau MondeFinalement, son existence à l’ombre des Médicis tourna mal et Amerigo part s’installer à Séville, en 1492. Mais la réussite n’est pas davantage au rendez-vous. Il opte alors pour la fuite en avant, vers les Amériques, au sein de l’expédition dirigée par le navigateur Alonso de Ojeda en 1499. Un voyage dont notre escroc ne manqua pas de tirer parti.Au cours…

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