Criminalité : la réalité dépasse la fiction
Publié en janvier 2026. Par Books.
Si vous lisez le texte qui suit, vous serez tenté(e) d’y voir l’exposé caricatural d’un excité de LFI : « Nos banques sont remplies d’argent sale, notre politique étrangère dépend de transactions avec des kleptocrates, nos chaînes d’approvisionnement sont bourrées de contrefaçons, nos villes scintillantes sont bâties sur du sable volé et des spéculations frauduleuses, nos biens de consommation et les matières premières sont produits par du travail forcé ». Eh bien, vous vous tromperiez, écrit Tim Judah dans le Financial Times. C’est la pure réalité, décrite avec talent par le journaliste Mark Galeotti, auteur notamment des Guerres de Poutine (Gremese, 2023).
Tim Judah en profite pour évoquer son expérience personnelle. La dernière fois qu’il a écrit quelque chose de « vaguement gênant » pour un chef de guerre albanais, un cabinet d’avocats londonien, bien introduit à Westminster, l’a inondé de lettres le priant de la boucler. Certes, la réalité en question n’est pas neuve, rappelle Galeotti, qui nourrit son livre d’exemples distrayants, comme les sommes monstrueuses payées par les jeunes États-Unis pour se débarrasser des pirates barbaresques. Mais la façon dont le crime organisé, souvent soutenu par un État, phagocyte les cellules du corps social a pris une nouvelle dimension. La cybercriminalité a peut-être coûté au monde 10 000 milliards de dollars cette année. Le trafic de drogue alimente plusieurs dizaines de millions de toxicomanes. Et quand vous remplacez votre frigidaire, ajoute Judah, vous ignorez si l’ancien ne sera pas tout simplement jeté à la mer. De tout cela « nous sommes hélas bien plus complices que nous nous plaisons à l’admettre », conclut-il.
