Le mot
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Islamophobie

Une fusillade a éclaté hier au Texas, près d’un bâtiment où se tenait un concours de caricatures de Mahomet. Ce rassemblement, où était invité le député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders, a été qualifié d’ « anti-islam » ou d’« islamophobe » par la presse. Un mot dont l’étymologie est très claire – « islam » d’un côté, et la racine grecque « phobie » de l’autre –, mais dont l’histoire est plus tortueuse. Selon certains, comme l’essayiste Caroline Fourest, le mot est une invention des mollahs iraniens. Dans Tirs croisés (co-écrit avec la politologue Fiammetta Venner), elle assure qu’il a été forgé pour disqualifier ceux qui résistent aux intégristes, au premier rang desquels les femmes.

Le terme se trouve pourtant dans un ouvrage paru en 1910, La Politique musulmane dans l’Afrique Occidentale Française, signé par Alain Quellien. Il servait alors à dénoncer le rejet de la religion musulmane par une partie de l’administration des anciennes colonies. Ce mot revient sur le devant de la scène dans le monde anglo-saxon au milieu des années 1990 et est popularisé après les attentats du 11 septembre 2001. En 2003, en France, le sociologue Vincent Geisser publie La Nouvelle Islamophobie. Il assure qu’il existe une islamophobie « à la française » qui serait de l’ordre de la « religiophobie », qui puiserait notamment ses racines dans l’anticléricalisme républicain.

LE LIVRE
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La Nouvelle islamophobie de Vincent Geisser, La Découverte, 2003

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