La mort du baiji
par Jonathan Mirsky

La mort du baiji

Cette espèce rarissime de dauphin vivait dans le fleuve Yangzi Jiang, et seulement là. Elle s’est éteinte. L’indifférence des autorités chinoises et les atermoiements de la communauté internationale ont abandonné le baiji à sa disparition annoncée.

Publié dans le magazine Books, avril 2009. Par Jonathan Mirsky
La photographie de couverture est le plus triste de ce triste livre. Qiqi, l’un des très rares dauphins (ou « baiji ») du fleuve Yangzi Jiang jamais photographiés, y ondule gracieusement dans l’eau, pointant vers l’objectif son long bec si particulier. Mort en 2002, Qiqi était l’un des rares baijis en captivité. Vous n’en verrez probablement jamais d’autre, ni dans le Yangzi Jiang [anciennement Yang Tsé-kiang], ni dans la réserve de l’Institut d’hydrobiologie où vivait Qiqi. Comme le rappelle Samuel Turvey dans cette étude approfondie, bien documentée – et indignée –, « seules quatre autres familles de mammifères ont complètement disparu » au cours des cinq cents dernières années. Le baiji, l’une des rares espèces connues de dauphin d’eau douce, est apparu voici vingt millions d’années dans le bassin du Yangzi, et il est décrit dans des documents chinois anciens. Turvey, paléontologue à la Société zoologique de Londres, a déjà passé une bonne partie de sa jeune vie à tenter de repérer le cétacé et – sachant qu’il avait peu de chance d’y parvenir – de le sauver de l’extinction. Les récentes tentatives de recensement lui semblaient ni faites ni à faire. En 1985-1986, les Chinois prétendaient avoir dénombré trois cents baijis, bien que je voie mal comment ils pouvaient savoir qu’il s’agissait de trois cents individus différents. En quelques années, le chiffre semble avoir diminué de moitié. En 2006, alors que Turvey sillonnait le fleuve à la recherche du baiji, un expert chinois qui assurait en avoir vu cent…

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