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La stratégie des bébés

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L’Homme est la seule espèce de grand singe à élever en commun sa progéniture. D’où les incroyables stratégies de séduction que déploient les bébés pour charmer leurs innombrables « nounous » potentielles. Et si c’était là le secret de l’exceptionnelle évolution des hominidés ?


Les bébés sont des pièges sensoriels. Ils cherchent avidement le contact visuel, sont capables d’amener un inconnu dans l’avion à leur parler avec ces syllabes étirées et aiguës que les anthropologues appellent le « parler bébé », voire à leur faire la risette et des grimaces. Ils sont peut-être totalement sans défense, mais bouleversent le comportement de ceux qui les entourent aussi sûrement que n’importe quelle drogue. Faites passer un bébé babillant alentour et vous verrez : même les militaires en uniforme se fendront sans doute d‘un sourire. Les parents adoptifs disent d’ailleurs souvent qu’ils sont « tombés amoureux ». Même les enfants un peu plus âgés peuvent produire un tel effet. De nombreux contes traitent d’ailleurs du phénomène. Dans De grandes espérances, de Dickens, c’est précisément la présence solitaire et malheureuse du jeune Pip, assis au bord des marais gelés du Kent, et sa capacité de briser le cœur endurci d’un bagnard évadé, qui lui offre de « grandes espérances ». Car l’enfant ravive chez le paria une batterie d’émotions et de comportements que les psychologues qualifient de « prosociaux ».   L’effet thérapeutique des enfants Bien entendu, certains bambins s’y prennent mieux que d’autres. Et, dans un monde dur, aux ressources rares, ceux-là posséderaient un avantage certain dans la lutte pour la survie, selon la primatologue Sarah Blaffer Hrdy. Cette scientifique, l’une des plus novatrices dans son domaine, pense que la faculté de capter l’attention des autres, de décrypter leurs expressions, de deviner ceux qui peuvent nuire et ceux qui peuvent aider, de faire pitié ou de faire un numéro de charme, n’est pas née par accident. Elle serait bien plutôt le fruit des nécessités de l’évolution. Pip se sent peut-être désemparé au bord du marais désert, mais ses myriades d’expressions et ses joues rebondies dans son visage par ailleurs dénutri lui sont un lointain héritage du pléistocène ; un héritage qui lui permet, en théorie du moins, de s’attirer la protection d’adultes sans liens de sang avec lui. Même après des années dans les fers, le bagnard y est sensible ; dès lors qu’il a le ventre plein, bien entendu. Le souvenir du visage de Pip et le fait de pouvoir l’aider ont pour lui valeur rédemptrice ou thérapeutique ; Pip fait à nouveau de lui un être humain, et lui permet de dépasser son désir de vengeance et les besoins de son estomac. Selon Hrdy, la capacité des nourrissons et des enfants à attirer l’attention d’autres personnes que leur mère biologique est à l’origine de ce qui nous différencie des autres grands singes. Les humains sont ce que l’on appelle des « reproducteurs coopératifs » – ils s’occupent des petits des autres et partagent la nourriture ; ils se font parfois concurrence pour prendre en charge, et toujours pour être pris en charge. À une époque dominée par le modèle de la famille nucléaire, cette réalité est d’autant plus occultée que les psychologues prônent un contact mère-enfant permanent. Pourtant, amener un enfant à l’âge adulte a presque toujours et presque partout exigé l’aide active d’une multitude d’autres personnes : parents et assimilés, membres de la tribu ou du village, voire partenaires commerciaux ou étrangers de passage. Ce phénomène n’existe chez aucune autre espèce de grands singes. Les chimpanzés, les babouins, les bonobos, les orangs-outans et les gorilles ne peuvent compter que sur les soins maternels. Les bébés chimpanzés s’accrochent à leur mère toute la journée parce qu’ils n’ont pas le choix. Ceux qui dérogent à la règle sont illico tués par des mâles en maraude ou des mâles du groupe, voire d’autres femelles. Séparés de leur mère, ils sont promis à une mort presque certaine. Seuls les pots de colle ont quelque chance de parvenir à l’âge adulte. Les humains, eux, jouent souvent à « passez le bébé ». Dans certaines tribus d’Afrique centrale, les nourrissons occupent le plus clair de leur temps dans les bras d’autres personnes que leur mère ; dans les tout premiers jours seulement, ils ont en moyenne une quinzaine de « nounous ». Les mères allaitent couramment les enfants des autres et prémâchent parfois leurs aliments.   Cette pratique de la prise en charge partagée pourrait expliquer une curieuse énigme : comment Homo sapiens peut-il élever la progéniture la plus vorace, la plus nombreuse et la plus lente à grandir de tous les grands singes, tout en étant celui qui se reproduit le plus vite ? Homo sapiens a un petit tous les deux ou trois ans, contre six en moyenne pour les autres grands singes. Une différence énorme, que seul le partage de l’éducation permet de comprendre, selon Hrdy. Ces mères hominidés qui ont su s’entourer de la plus grande assistance ont donné à leur progéniture un avantage décisif et se sont maintenues, pour leur part, en meilleure santé. De même, les bébés ou les enfants qui ont pu amener un grand nombre d’adultes à s’occuper d’eux – en gazouillant, en jouant les timides ou en devinant mieux les intentions des autres – ont eu un atout sur leurs semblables, en particulier dans des communautés de chasseurs-cueilleurs où la moitié seulement des enfants atteignait l’âge de la reproduction. Le délicat jeu de bascule entre la quête et l’offre d’attention – le ballet coopératif – a fourni une singulière impulsion à l’invention du langage et au développement de la taille du cerveau. Il a aussi permis à Homo sapiens de se développer dans un « bain » d’émotions et de désirs des autres. C’est précisément ce bain, souligne Hrdy, qui explique ce que nous appelons notre humanité : notre faculté d’empathie, notre capacité à anticiper les besoins, à répondre sur le plan affectif, physiologique et linguistique (via le « parler bébé », par exemple) à des bambins étrangers, et à nous attacher à eux.   La civilité sur les vols transatlantiques Hrdy fait remarquer avec délectation que les émotions prosociales coopératives que nous avons aiguisées au pléistocène expliquent même notre comportement exemplaire dans les lieux exigus. Nous pouvons embarquer à bord d’un vol transatlantique rempli d’étrangers et espérer débarquer indemnes de l’autre côté de l’océan ; chose que nous tenons généralement pour acquise, mais dont Hrdy invite à s’émerveiller, en nous demandant d’imaginer la scène avec des chimpanzés. Non seulement n’importe quel petit abandonné un seul instant en mourrait, mais la plupart des adultes se retrouveraient avec un doigt ou un orteil en moins, et plusieurs mâles y perdraient des organes plus e
ssentiels. Mutiler ou castrer les autres correspond bien aux nécessités de l’évolution chez les espèces qui ne pratiquent pas la reproduction coopérative. Pour Hrdy, le pacifisme relatif des êtres humains sans parenté dans des espaces confinés est un sous-produit de la reproduction coopérative. Non seulement nous ressortons habituellement intacts d’un vol transatlantique, mais nous nous entraidons couramment et nous anticipons les désirs des inconnus qui nous entourent. Hrdy pense que nous devrions méditer sur cette solidarité merveilleusement chorégraphiée, car elle explique bien davantage que les manquements à la courtoisie notre exceptionnelle destinée. Les ruptures de civilité sont suffisamment rares pour être notées chez les humains ; ce n’est absolument pas le cas chez les singes. Même ces êtres supposément pacifiques que sont les babouins doivent parfois se faire recoudre le scrotum dans les zoos. Par contraste, Homo sapiens aide couramment dans l’avion la passagère de petite taille à hisser sa valise dans le compartiment à bagages, ou tend un jus de fruit à l’enfant inconnu, tout en compatissant d’un demi-sourire avec la mère débordée. Certes, nous avons parfois envie d’étrangler le braillard. Mais nous ne le faisons pas. Nous sommes en effet, jusqu’à un certain point et dans certaines circonstances, programmés pour que le partage et la compassion nous rendent euphoriques. Plusieurs études récentes laissent ainsi penser que les individus se sentent mieux quand ils achètent des cadeaux pour les autres que pour eux-mêmes. Peu importe ce que ressent Pip, le Magwitch de Dickens se sent ennobli par le fait de prendre soin du garçon. Hrdy dirait, citant les résultats de récentes études d’endocrinologie allant dans son sens : Magwitch connaît alors une poussée de prolactine, une hormone qui fait baisser le taux de testostérone. C’est cette augmentation qui l’empêche sans doute d’étrangler ses semblables et favorise son engagement permanent au service de l’enrichissement du jeune Pip. La reproduction coopérative n’est, bien sûr, pas sans inconvénient : le bain relationnel dans lequel nous grandissons occupera longtemps encore les successeurs de Freud. Nous devons certes à la reproduction coopérative notre capacité d’être attentifs à l’opinion des autres : savoir si nous pouvons leur faire confiance, s’ils nous font confiance, s’ils apprécient notre aide à sa juste valeur, etc. Nous lui devons aussi, sans doute, les intrigues sociales vertigineusement complexes des préadolescentes, ces futures reproductrices affûtant leurs compétences relationnelles et manœuvrant pour devenir la reine de la ruche. Les orteils et les doigts restent peut-être intacts, mais être snobée – c’est-à-dire être rejetée en dehors du cercle du partage – peut s’avérer bien pire pour qui doit se créer un futur réseau d’entraide.   Avantage aux meilleurs coopérateurs Hrdy ne se contente pas de synthétiser ses propres recherches sur les stratégies reproductives des femelles (qui ont commencé avec les singes langur d’Inde). Elle présente aussi celles de centaines d’autres chercheurs, pour en tirer ce qui apparaît comme un véritable nouveau paradigme. Dans son essence, ce paradigme relativise – sans évidemment les exclure – les habituelles histoires darwiniennes de l’« homme chasseur », avec leur comptant d’hostilité entre les groupes et de luttes pour le pouvoir en leur sein. Au lieu de cela, Hrdy affirme que les modes de vie nomades et patriarcaux des douze mille dernières années (l’ère néolithique) ont masqué l’importance d’autres modes de sélection, particulièrement opérationnels pendant les centaines de milliers d’années que dura le pléistocène. Le penchant supposément « femelle » à « garder et aider » – à optimiser le partage – comme moyen de fabriquer des parents de substitution aurait été plus décisif pour la survie des petits dans des conditions difficiles que le désir supposément « mâle » de dominer ou de tuer un « autre » aussi insaisissable que lointain. Il n’existe à l’heure actuelle aucune preuve matérielle de l’existence de guerres au pléistocène. Et les populations, estime-t-elle, devaient être rares et dispersées. Partager aidait à survivre ; et les coopérateurs de talent s’en sortaient mieux que les autres.   Les femmes et les enfants deviennent ainsi, dans le récit de Hrdy, des acteurs clés, et non les simples pions des hommes, des rois, des nations, des dieux ou de l’espèce. D’autres reproducteurs coopératifs font de meilleurs prototypes que les grands singes pour comprendre ce que l’on pourrait appeler la « biopolitique » de l’attention maternelle et alloparentale. Environ 10 % des oiseaux et 3 % des mammifères sont des reproducteurs coopératifs. Parmi les primates, les ouistitis sont d’excellents modèles du genre. Malgré leur minuscule cerveau, ils partagent avec les hominidés tout un répertoire de stratégies reproductrices. Les ouistitis se disputent ainsi ardemment le fait de porter les petits, et leur comportement est à la fois situationnel, conditionnel, flexible et opportuniste. L’« amour maternel » lui-même est tout cela à la fois. Même si Hrdy a creusé le sujet dans ses travaux antérieurs, cette question a tout à fait sa place aussi dans ce nouveau livre. Les humains et les ouistitis abandonnent de la même manière leurs petits s’ils sentent qu’ils n’ont pas suffisamment de protection alloparentale. Chez les humains, les Eipo de Nouvelle-Guinée abandonnent environ 40 % des nouveau-nés. Les mères adolescentes de nos villes abandonnent parfois leurs enfants si elles n’ont aucun soutien. Dans d’autres cultures, les mères opèrent une sélection fondée sur le sexe. Et Aristote plaidait pour une sélection fondée sur l’âge : tout bébé né d’une mère de 40 ans et plus ne devait pas, selon lui, voir le jour. Quant aux Parisiennes du XVIIIe siècle, elles étaient célèbres pour la fréquence de leurs abandons. Pourquoi gâcher des ressources pour un enfant qui ne bénéficiera probablement jamais du soutien nécessaire pour atteindre l’âge adulte ? À l’inverse, les mères des cinq autres espèces de grands singes ne laissent jamais tomber leurs petits. Elles leur sont inconditionnellement dévouées, quels que soient leur sexe, leur état de santé ou leur mine ; et, bien sûr, elles ne tiennent aucun compte de la présence ou non des autres. L’abandon pour circonstances défavorables est ainsi une caractéristique essentielle de la protection coopérative ; on pourrait l’appeler le « côté obscur » de la maternité hominidé, ou tout simplement la « maternité stratégique ».   Super mammy La grand-mère maternelle, si longtemps considérée comme quantité négligeable dans le grand jeu de l’évolution, est la figure centrale de l’équipe alloparentale. En effet, comme de nombreux chercheurs l’ont récemment avancé, la prise en charge coopérative explique la durée de la vie après la ménopause. Dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, les grands-mères étaient des aides précieuses : dix années de vie post-ménopause, c’était l’assurance que deux petits-enfants de plus atteindraient l’âge de la reproduction. La présence d’une grand-mère maternelle (mais jamais paternelle) pouvait diviser de moitié la mortalité dans certaines sociétés tribales ; et, partout où les populations sont frappées de surmortalité, les grands-mères font la différence. Si l’amour maternel est conditionnel dans un contexte coopératif, l’amour « grand-maternel » l’est beaucoup moins. Dans bien des sociétés tribales étudiées, les grands-mères se lèvent plus tôt que quiconque pour aller chercher à manger, effectuent les tâches ingrates, et rentrent les dernières au camp chargées de leur butin. À vrai dire, non seulement la grand-mère travaille plus dur que les autres, mais elle défend aussi plus vaillamment les petits. Cette politique de l’attention et du partage, et en particulier l’altruisme zélé de la grand-mère, a pourtant elle aussi son côté obscur. Qu’elle cesse d’être capable d’aider, et la vieille femme peut se retrouver poignardée dans la nuit. Dans une anecdote glaçante, Hrdy raconte comment un vieil Ache, une tribu de chasseurs d’Amérique du Sud, décrivit un jour avec entrain comment il s’était glissé, muni d’une hache, derrière les vieilles femmes devenues un fardeau pour le groupe : « Je leur ai sauté dessus, elles sont toutes mortes, ici près du grand fleuve. » Si les grands-mères encore vaillantes sont les meilleures aides, les pères, eux, sont les mauvais joueurs, ou les jokers, de la partie. À la différence des vieilles femmes, ils n’ont pas besoin d’être attentionnés pour exister. Gengis Khan était passé maître dans l’art de la désertion et appliquait manifestement une très efficace stratégie reproductive purement machiste. Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, les pères n’ont aucun impact sur les chances de survie des petits jusqu’à l’âge de 5 ans, dès lors que les grands-mères sont présentes. Ils peuvent allègrement engendrer et partir ; ou rester dans les parages, mais sans participer suffisamment à la prise en charge pour faire véritablement une différence. La « maternité stratégique » dans un environnement coopératif signifie donc qu’il incombe parfois aux femmes d’avoir quelques « extras ». Dans plusieurs tribus d’Afrique occidentale et d’ailleurs, les femmes sont ainsi autorisées voire encouragées à s’accoupler avec les frères réels ou symboliques de leurs maris – moins pour brouiller les cartes de la paternité que pour la partager et s’assurer ainsi plus de nourriture, de cadeaux et de baby-sitting. Les nécessités de la sélection pourraient bien favoriser, décidément, la croyance en une paternité « divisible » ou partagée. Et cela ne devrait pas nous surprendre de constater que c’est exactement ce que font, biologiquement, les femelles ouistitis : elles produisent des portées « chimériques » qui contiennent le fruit génétique de plusieurs mâles. En termes de politique de l’attention, il semble que ces mères humaines (et ouistitis) soient assidûment et stratégiquement maternelles – même si leurs mœurs seraient qualifiées de légères dans les systèmes patriarcaux, qui ont d’autres priorités, comme le fait judicieusement remarquer Hrdy.   Les Pygmées, des pères très câlins Le degré d’implication des pères auprès de leurs enfants varie énormément d’un individu et d’une culture à l’autre. En vérité, sur le plan de la prise en charge masculine, il existe plus de différences au sein de l’espèce humaine qu’au sein de n’importe quelle autre. À un bout de l’échelle, il existe des hommes qui abandonnent systématiquement leur progéniture ; à l’autre, il y a les Pygmées d’Afrique centrale, un peuple pacifique et très égalitaire qui partage tout. Les pères ont leurs enfants à portée de main environ douze heures sur vingt-quatre, et ils les portent ou les câlinent à peu près le quart du temps. Ce n’est pas tout à fait du même ordre que les mâles ouistitis qui perdent du poids à force de porter les petits à longueur de journée et de nuit, mais ça n’en est pas très loin non plus. Nous soupçonnons qu’il doit y avoir un lien entre porter les bébés, en partager la garde et le comportement pacifique. Certes, les mâles ne sont pas programmés comme les femmes pour s’occuper des enfants, mais ils en ont le potentiel. Être entouré de femmes enceintes ou qui allaitent, ou encore d’enfants en bas âge, éveille l’instinct nourricier et une exposition répétée à cet environnement renforce le phénomène. C’est exactement ce qui se passe chez les ouistitis : le taux de prolactine augmente chez les mâles qui portent les bébés, ce qui déclenche l’instinct nourricier et fait chuter la testostérone, ce qui avive encore le désir de s’occuper des petits, et rend supposément les hommes plus pacifiques. Si les mâles ont eux-mêmes grandi dans un bain relationnel (et c’est un grand « si »), il semble qu’ils puissent être physiologiquement transformés – ils adoptent une autre personnalité au contact des enfants. Mais s’ils ont été élevés hors de ce bain, ils ont hélas toutes les chances d’être insensibles à la chose. Mothers and Others le dit très clairement : les pères n’ont pas toujours de l’importance pour la santé et la survie des bambins. En revanche, les bébés influencent la santé et la longévité des hommes. En un mot, ils jouent parfois un rôle thérapeutique, ils ennoblissent, et ils créent une forme de dépendance. Cela vaut donc la peine d’encourager le congé paternité, plus important pour l’état de la planète que le congé maternité en raison de la conditionnalité de l’implication paternelle. Les hommes politiques et les dirigeants militaires sensibilisés par le congé paternité pourraient, épaulés d’un bébé ou deux, prendre de meilleures décisions. Plus sérieusement, on peut oser espérer que le seul fait de voir dans la reproduction coopérative – plutôt que dans la compétition entre les groupes – le fondement de ce qui nous rend humains finira par stimuler nos traits altruistes.   Ce texte est paru dans le Times Literary Supplement du 22 mai 2009. Il a été traduit par Adrien Pouthier.
LE LIVRE
LE LIVRE

Mothers and Others. The Evolutionary Origins of Mutual Understanding de Sarah Blaffer Hrdy, Harvard University Press, 2011

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