Le manuel d’esclavage sexuel de Daech
par The New York Review of Books

Le manuel d’esclavage sexuel de Daech

Il est permis de violer une captive prépubère, de battre son esclave à certaines conditions, et d’hériter de celle de son père. Mais il est interdit de coucher avec l’esclave de sa femme ou avec une non-vierge avant d’avoir purifié son utérus… Voici comment Daech préconise de traiter les prisonnières, en se réclamant de la charia. Extraits.

Publié dans le magazine Books, décembre 2015. Par The New York Review of Books

© Holly Pickett/REDUX-REA

Une jeune femme kurde dans un camps de réfugiés au nord de l'Irak, en août 2015. Faite prisonnière par Daech, violée, puis réduite en esclavage trois mois durant, elle a été libérée contre rançon par les autorités kurdes.

L’esclavage moderne prend de nombreuses formes, mais la plupart de ses victimes sont contraintes de travailler dans l’ombre. Ceux qui contrôlent les esclaves d’aujourd’hui – les hommes contraints de travailler sur les bateaux de pêche thaïs, les domestiques prises au piège dans les villas de leurs employeurs saoudiens, les enfants qu’on oblige à mendier au Sénégal, les travailleurs asservis pour dettes en Inde, ou les travailleuses sexuelles victimes de la traite vers l’Occident – fuient en général la publicité. Car traiter des êtres humains comme de simples marchandises est passible de poursuites pénales et peut provoquer la répulsion morale. L’État islamique autoproclamé fait exception à cette règle. Tout comme l’organisation ignore l’interdiction mondiale qui pèse sur les exécutions sommaires, et s’y livre souvent avec une cruauté indicible, elle a publié un texte qui tente de justifier l’asservissement sexuel des femmes et des jeunes filles non musulmanes. Son propos ne relève pas de l’exercice académique : Human Rights Watch a interrogé des femmes et des jeunes filles yézidies qui ont réussi à s’échapper. Elles décrivent un système de viol et de violence sexuelle organisé, d’esclavage sexuel et de mariage forcé. Les extraits du document de l’État islamique reproduits ci-dessous – postés sur un compte Twitter pro-Daech et considérés en général comme authentiques – utilisent un format questions-réponses pour préciser les règles qui régissent les rapports sexuels avec les femmes et les jeunes filles non musulmanes capturées et réduites en esclavage. Il est frappant de constater que, dans l’esprit des auteurs, il ne…

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Commentaires

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  1. Enila dit :

    En parallèle à la lutte militaire et idéologique contre Daech, nous les femmes du monde entier et les hommes éduqués au respect, devons lutter contre la soumission d’êtres vulnérables à la violence sexuelle d’hommes qui considèrent que la femme n’est faite que pour la servitude et l’assouvissement de leurs pulsions primaires. Cet article soulève enfin le voile, mais Daech n’est pas le seul coupable dans son interprétation de la loi : partout, en Inde, dans certains pays d’Afrique et dans la majorité des pays islamiques, la femme est assujettie aux bons vouloirs d’hommes sans scrupules puisque ces crimes intimes contre la gente féminine restent impunis, tacitement approuvés par les hommes au pouvoir en place (justice, police …) A lire : Ayann Hirsi Ali grande combattante contre la violence de l’islam, qui a fui l’Ethiopie à 16 ans, a rejoint la Hollande, est devenue députée, puis a été obligée de s’exiler aux USA à cause d’une fatwa contre elle : Insoumise.

  2. Direz dit :

    J’espere que la litterature de daesh n’est pas en vente libre…..il serait quand même surealiste que sous pretexte de connaitre leurs propos , on les enrichisse. Hitler en son temps avait vendu je crois 1 million de livres et donc touché un beau petit pactol!!