Le paradoxe Freud
par Olivier Postel-Vinay

Le paradoxe Freud

Publié dans le magazine Books, janvier/février 2018. Par Olivier Postel-Vinay
Croyance. Par extension, adhésion accordée comme une espèce de foi à des opinions qui ne sont pas religieuses », écrit Littré. Même les freudiens sont enclins à admettre aujourd’hui que le freudisme emprunte à la religion. Lisa Appignanesi, qui a veillé sur le musée Freud à Londres, invite à lire le livre d’Ernest Gellner sur le mouvement psychanalytique (1). Et écrit : « le progrès de la psychanalyse peut être comparé au développement d’un mouvement religieux. » Les recherches approfondies menées depuis un demi-siècle sur la pratique et les théories de Freud ont définitivement établi que le père de la psychanalyse, qui revendiquait pour sa discipline le statut de science, projetait sur ses patients ses propres fantasmes. Il le faisait au cours de ses séances d’analyse, qu’il reconstruisait ensuite dans ses écrits en maquillant les données recueillies. La « science » freudienne est une accumulation de fantasmagories nées dans le cerveau fertile d’un génie. Dans le détail, rien ou presque ne subsiste de ses croyances sur la sexualité infantile, le complexe d’Œdipe et tutti quanti. Les neurosciences ont à leur tour invalidé la plupart de ses hypothèses sur le fonctionnement de l’inconscient, en particulier sur la notion centrale de refoulement. Hélas pour les croyants, Freud était un formidable charlatan. Ne pas le reconnaître serait pratiquer la forme même de « résistance » opposée par Freud à ses détracteurs. La psychanalyse se trouve aujourd’hui en situation de quasi-échec, rongée par une multitude de querelles intra-utérines, marginalisée, moins reconnue même que l’homéo­pathie. Comment…

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Commentaire

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  1. Mark dit :

    Bonjour,
    Je suis abonné depuis plus d’un an à Books et je le lis toujours avec beaucoup de plaisir, même lorsque des sujets ne sont pas dans mes lignes d’intérêt. C’est avec stupéfaction que j’ai découvert votre éditorial sur Freud. Les attaques, raccourcis, la mauvaise foi, la désinformation et le manque de connaissances du sujet s’y bousculent. Je n’ai pas de mots pour dire à quel point ce dérapage me déçoit sur ce journal que vous co-dirigez. Même Onfray s’était au moins donné la peine d’affecter une connaissance de l’oeuvre de Freud et… une méconnaissance absolue des pratiques actuelles. Vous faites pire. Ce brouillon que vous avez produit va m’inciter a sérieusement réfléchir à poursuivre mon abonnement ou pas. Le plaisir de lire un journal intéressant et innovant contre l’impression de cautionner une désinformation, voilà les données du problème.
    Affligeant !
    Je ne vous salue pas.
    Mark Geyer