Le Waterloo des Mongols
par Timothy Brook

Le Waterloo des Mongols

Terribles guerriers, les Mongols ? Pas aux yeux des Japonais : en 1274, Kubilai Khan lançait sur l’archipel une incroyable armada, aussitôt anéantie. Grâce aux dieux, dit le mythe national. En raison du délabrement de leurs rafiots, corrige un bon archéologue.

Publié dans le magazine Books, mai 2009. Par Timothy Brook
Les Européens et les Chinois voient les Mongols de la même manière, comme des guerriers à cheval déferlant sur la steppe et balayant tout sur leur passage. Une image liée au souvenir de la défaite : partielle pour les Européens, qui ont arrêté les conquérants devant Vienne ; totale pour les Chinois, qui n’ont pu les repousser. Les Japonais, eux, ont gardé des Mongols un tout autre souvenir. Celui d’hommes en bateau, puisque c’est ainsi qu’ils se sont dirigés vers l’archipel en 1274, contre toute attente, avec contre eux toutes les chances, et contre le bon sens. L’invasion échoua, mais ils ne se découragèrent pas. Sept ans plus tard, près de cent mille hommes firent une nouvelle tentative, avec une stupéfiante armada de quatre mille navires. Même si la raison incite à revoir ces chiffres à la baisse, il n’empêche : les deux campagnes de Kubilai Khan ont mobilisé les plus grandes flottes de guerre jamais utilisées. L’ampleur des moyens rend la défaite d’autant plus marquante. Voici encore un point sur lequel la mémoire japonaise diffère de la nôtre : les Mongols sont pour eux des vaincus. J’ai beaucoup hésité à ouvrir le récit des invasions mongoles du Japon par James Delgado. Certes, il est depuis longtemps mon auteur préféré sur l’histoire maritime, mais il n’est spécialiste ni du Japon ni des Mongols. Je craignais que son sens de la synthèse ne fasse pas le poids, face aux flottes mongoles et à l’histoire générale de l’Asie orientale. Saurait-il raconter la chose…

Découvrez la Booksletter !

Inscrivez-vous à la Booksletter et bénéficiez d'un mois d'abonnement Web gratuit !
Déjà abonné ? connectez-vous !
Imprimer cet article
0
Commentaire

écrire un commentaire