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Les vraies raisons du plafond de verre

Membre de la super-élite américaine, Anne-Marie Slaughter a décidé de quitter son poste de très haut niveau pour s’occuper de ses garçons. Elle tire de cette expérience mal vécue un livre à charge sur l’organisation du travail, qui empêche les mères de concilier carrière et vie de famille. Mais, sans le vouloir, elle révèle aussi à quel point les femmes sont victimes de leur propre idéal de la « bonne mère ».


©Julien Marge/Picturetank

Plus investies que les hommes dans l'éducation des enfants, les femmes voient souvent leur cote baisser auprès de leurs employeur dès qu'elles partent en congé maternité.

Je me souviens encore de l’angoisse qui m’étreignait, la veille de mon premier déjeuner avec Tony Blair [Cathy Newman est une célèbre journaliste politique britannique], alors que je me creusais la tête pour choisir quelle serait ma première question. Quelque chose sur l’Irak ? Ou bien un sujet plus périphérique, histoire de détendre l’atmosphère ; ses enfants, par exemple, ou encore ses goûts en matière de musique pop ? En fait, j’ai débarqué au 10 Downing Street juste à temps pour demander à ses assistants le chemin des toilettes avant qu’il ne m’arrive un malheur.

Le virus de la gastro avait envahi notre maisonnée. J’avais passé la soirée précédente à consoler ma fille tout en gavant de draps la machine à laver. Mon mari s’était déclaré trop malade pour faire quoi que ce soit d’autre que rester couché en boule par terre. Au moment de partir pour mon entretien, je me sentais fatiguée mais pas nauséeuse ; j’étais nettement moins en forme à mon arrivée. J’aurais sans doute mieux fait d’appeler pour décommander. Mais j’estimais ce rendez-vous très important pour moi et il n’était pas question de déclarer forfait. Voilà le genre d’avanies que connaissent les parents qui travaillent.

Cet épisode et d’autres du même genre me sont revenus à l’esprit à la lecture du livre polémique, imparfait mais précieux, qu’Anne-Marie Slaughter consacre au sujet, « Une affaire en suspens ». En 2012, l’auteure avait publié dans The Atlantic un article qui allait devenir l’un des plus consultés de toute l’histoire du magazine, avec 2,7 millions de lecteurs. (On comprend qu’un éditeur ait eu envie de l’étoffer pour en faire un livre.)

Sous le titre « Pourquoi les femmes ne peuvent toujours pas tout avoir », l’article traitait des difficultés que rencontrent les mères qui travaillent. Dans une explosion de rage contrôlée, l’auteure expliquait pourquoi, après avoir été deux années durant la première femme à diriger la prospective du Département d’État sous Hillary Clinton, elle avait décidé de quitter Washington pour réintégrer son poste de professeure à plein temps à Princeton. Elle s’était sentie contrainte de faire ce choix car « il [lui] était impossible de cumuler un poste de haut niveau au service de l’État et les besoins de deux garçons adolescents ».

Ses amis et collègues réagirent à ce qu’ils considéraient comme une « démission » en manifestant leur déception, leur désapprobation et, pis encore, leur pitié : « On me décrivait comme quelqu’un qui n’était tout simplement pas à la hauteur, ou incapable de jongler entre carrière et vie de famille, écrit-elle, alors que j’assumais toujours une pleine charge d’enseignement, publiais régulièrement des articles sur la politique étrangère, prononçais entre trente et quarante allocutions par an et travaillais à un nouveau livre ».

Cette situation la précipita dans une profonde crise existentielle. Pendant des années, Anne-Marie Slaughter avait cru qu’elle pouvait « tout avoir », faisant même consciencieusement le tour des universités pour dispenser cette bonne nouvelle à de jeunes diplômées enthousiastes. Et voilà qu’elle s’avisait que l’écart de revenus entre les deux sexes et le tout petit nombre de femmes aux postes à responsabilité étaient imputables à cette forme tenace de sexisme qui prétend que s’occuper d’autrui (qu’il s’agisse d’enfants ou de parents âgés) est : 1) une tâche réservée aux femmes ; 2) un travail impalpable, de peu de valeur, qui ne mérite ni respect ni rémunération digne de ce nom.

Quand les femmes partent en congé maternité, leur cote baisse auprès de leur employeur, qui anticipe les futures réunions manquées et l’inévitable désinvestissement qui ne manquera pas selon lui de se produire. Slaughter cite le financier milliardaire Paul Tudor Jones, qui exprima tout haut les préjugés tacites de nombreux patrons en observant, à propos d’une ancienne associée : « Au moment où les lèvres de ce bébé ont touché les seins de cette fille, c’était terminé. » Dans les passages les plus passionnés du livre, Slaughter prône rien de moins qu’une révolution du lieu de travail et la mise en place d’une nouvelle « infrastructure de la prise en charge » [care]. Nous devrions porter le même regard sur le service rémunéré à la personne « que sur n’importe quelle autre profession, y compris la finance ».

Les rôles assignés aux deux sexes doivent être rééquilibrés pour que les tâches domestiques cessent d’être l’apanage des femmes. La flexibilité de l’organisation du travail doit bénéficier aux salariés plutôt qu’aux employeurs. L’auteure évoque notamment le cas de Jannette Navarro, mère célibataire et gérante d’un Starbucks. À cause d’un planning délirant né d’une analyse fantaisiste des données sur l’affluence des clients, il lui fallait parfois fermer boutique à 23 heures pour rouvrir le lendemain à 4 heures du matin ! « Se mettre en avant », c’est bien joli, mais les femmes « se heurtent toujours à des obstacles infranchissables créés par la combinaison des imprévus du quotidien et de la rigidité des conditions de travail », écrit Slaughter. Sans oublier l’imaginaire culturel qui « les dévalorise à la minute où elles quittent le monde du travail, ou simplement prennent du recul ».

 

Bien que son article pour The Atlantic ait été bien accueilli, globalement, Slaughter fut critiquée dans certains milieux pour son « féminisme ploutocratique » n’ayant d’yeux que pour le sort des femmes puissantes. Elle tente donc de mieux faire sur ce point dans son livre, tant et si bien que l’inventaire de ses privilèges confine au masochisme. Il est néanmoins vrai que le milieu très exclusif dans lequel elle évolue limite la pertinence de l’ouvrage pour les salariées ordinaires, en particulier en Europe. Car les États-Unis peuvent se révéler un pays où il est épineux de travailler et d’avoir des enfants. Et Washington, en particulier, possède à cet égard son microclimat. Des pathologies spécifiques affectant la relation entre travail et parentalité y incubent.

Il y a quinze ans, avant d’avoir mes enfants, j’ai passé six mois au Washington Post. J’ai été immédiatement frappée de voir à quel point les journalistes de Washington, hommes et femmes confondus, travaillaient dur. Ils étaient admirablement investis dans leurs enquêtes, obsédés par la vérification des faits et ne prenaient presque pas de vacances. Étant moi-même sans obligation familiale, j’ai trouvé cette expérience enivrante et me suis abandonnée à ce rêve. Mais si j’avais eu des enfants, ma vie personnelle ou professionnelle en aurait sans doute pâti.

Faire carrière, sur la colline du Capitole, est une tâche ardue. Il est banal de travailler de 8 heures du matin à 8 heures du soir, et la plupart des décisions clés sont prises en dehors des heures de bureau « normales ». Le problème, comme me l’a récemment expliqué un ancien assistant parlementaire, c’est que « si vous n’êtes pas physiquement présent lors de ces conversations essentielles, vous vous rendez peu visible, et d’une certaine manière moins indispensable ». Les principaux jours fériés, tels que Noël et Pâques, sont théoriquement respectés, mais aucun événement familial n’est sacré. Mon interlocuteur poursuit : « Je me rappelle qu’en 2008 le président Bush a mis son veto à une loi le jour de Noël, et nous avons dû travailler là-dessus pendant les fêtes. J’ai beaucoup d’amis qui ont raté le mariage de proches et annulé des vacances onéreuses parce que des lois arrivaient devant le Congrès et que leur présence était nécessaire. Washington est ainsi fait que des mères peuvent occuper des fonctions politiques de très haut niveau accaparant une part incroyable de leur temps, tandis que les pères exercent des professions non politiques, dans des cabinets de juristes ou des entreprises, qui leur permettent de passer moins de temps au bureau tout en gagnant davantage. On se retrouve dans cette situation ironique où le parent employé de l’État travaille plus et touche moins, alors que le père travaille moins, gagne plus et doivent prendre la relève auprès de la famille. Cela peut créer des tensions dans un couple. »

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Qu’en est-il des époux Slaughter ? Elle répugne manifestement à appliquer ses propres conseils sur le partage des rôles au sein de la famille. Au début du livre, l’auteure explique sa décision de retourner à Princeton par des problèmes dans son foyer. Deux années durant, elle a fait des allers-retours entre Washington et la maison familiale. [Washington et Princeton sont distants de presque 300 kilomètres.] Elle passait la semaine dans la capitale, rentrant tard le vendredi soir, juste à temps pour le week-end, et repartant le lundi à 5 heures du matin. Elle décrit de manière poignante les dégâts provoqués par ce rythme. Son plus jeune fils, âgé de 10 ans au moment où elle a pris ses fonctions au Département d’État en 2009, pleurait le dimanche soir, sachant qu’elle allait repartir. L’aîné, qui avait d’abord semblé comprendre la pression à laquelle sa mère était soumise, s’est mis à dérailler dès le début de la puberté : « Il s’est fait de nouveaux amis et, au cours des dix-huit mois suivant, a cessé de faire ses devoirs, commençant à perturber les cours. Ses résultats en mathématiques s’en sont ressentis. Chaque fois qu’un adulte tentait d’avoir une discussion avec lui, il le repoussait. Il se disputait avec son père et faisait de son mieux pour m’ignorer totalement. »

En quatrième (entre 13 et 14 ans), son comportement a empiré, et Slaughter évoque un incident (dont elle ne précise jamais la nature exacte) ayant provoqué son renvoi de l’école et son interrogatoire par la police. Et c’est parvenue à ce point que l’auteure affaiblit sa propre argumentation. Même si « Andy [son mari] était là (…), faisant absolument de son mieux pour remplir son rôle de parent au sein du foyer (…), mon fils occupait constamment mes pensées. Malgré la passion que j’éprouvais pour mon travail, quand je recevais un coup de fil ou un texto au sujet du dernier incident en date, je me demandais pour quelle fichue raison j’étais à Washington alors que mon fils avait besoin de moi à Princeton. »

Je ne veux nullement laisser entendre que Slaughter n’aurait pas dû se sentir bouleversée et écartelée. L’attraction qu’exerce sur nous la famille est aussi forte que celle des marées, et, pour une femme d’une telle compétence, le désir viscéral d’intervenir devait être presque impossible à réprimer. Mais, pour répondre à la question qu’elle-même pose : vous êtes à Washington parce que vous occupez avec un immense talent un poste décisif, qui contribue à la sécurité du monde ; et que, de toute façon, votre mari est à la maison et s’occupe des enfants ! Vous faites donc partie d’une minorité de chanceuses. Mais ce que fait votre époux compte pour du beurre si vous n’avez pas assez confiance en lui pour le laisser se débrouiller.

 

Slaughter explique que la crise qu’elle a traversée avec son fils l’a « obligée à regarder en face ce qui était important pour [elle], plutôt que ce qu[’elle] étai[t] conditionnée à désirer ». Cela l’a amenée à contester le « récit féministe » avec lequel elle avait grandi. Mais, quand on lit « Une affaire en suspens », il apparaît que le problème ne prend pas sa source dans le récit féministe, mais dans le désir qu’éprouve Slaughter de mitonner amoureusement de bons petits déjeuners pour ses fils. Elle en parle comme d’une « envie impérieuse et profonde, produite par l’évolution ». C’est comme si mon mari affirmait que l’évolution l’avait doté d’une envie impérieuse et profonde de filer au pub à chaque fois que le coucher des enfants tourne à la foire d’empoigne. Le lien douteux que Slaughter imagine entre son absence et les frasques de son fils nous plonge au cœur de ce que signifie être une « bonne mère ».

« La prétendue contradiction entre le travail et la maternité est un mirage, une construction culturelle moderne », écrivait Kate Figes dans son livre de 1998 Life After Birth (« La vie après la naissance »). Cela peut sembler une généralisation abusive si l’on considère que, dans le monde du XXIe siècle, le travail vous poursuit jusque chez vous comme il ne l’avait jamais fait au siècle précédent. Mais Figes veut simplement dire, comme elle l’explique, que « les femmes d’autrefois n’avaient pas le choix : leurs rôles de mère et de travailleuse étaient interdépendants plus qu’ils ne s’excluaient ». Les riches ne travaillaient peut-être pas, mais les autres le faisaient, dans les fermes et les usines. Et ces femmes ne se flagellaient pas pour autant : il leur fallait simplement travailler, et leurs enfants trimaient aussi dès leur plus jeune âge. (Mon propos n’est pas ici de justifier le travail des enfants, mais de rappeler que le phénomène était autrefois monnaie courante.)

 

L’idéalisation de la mère au foyer a commencé à la fin du XVIIIe siècle, après la sortie en 1762 du manuel d’éducation romancé de Jean-Jacques Rousseau, l’Émile. Le livre introduisait l’idée selon laquelle la maternité devait apporter aux femmes plaisir et satisfaction ; non sans une part de culpabilité et de sacrifice. Elles ne devaient pas aller travailler à l’extérieur car, écrit Rousseau, « la véritable mère de famille, loin d’être une femme du monde, n’est guère moins recluse dans sa maison que la religieuse dans son cloître ».

Mais ce n’est pas parce que les femmes ont pris davantage conscience de leurs devoirs domestiques (préparer le casse-croûte des enfants, faire régulièrement le ménage), qu’elles doivent être les seules à s’en acquitter. Pourquoi est-ce à elles qu’il revient de faire tourner la boutique ? Pourquoi doivent-elle garder constamment à l’esprit une définition assez robuste de ce qu’est une « bonne mère » pour occulter le bruit de fond de la culpabilité et de la confusion ; alors que, pour certains hommes, être un « bon père » ne signifie rien de plus qu’aller de temps à autre jouer au ballon dans le parc ? Je dis bien « certains hommes » : bien entendu, bon nombre d’entre eux s’occupent à merveille de leurs enfants, y compris mon mari, qui peut par chance travailler depuis la maison, ce qui me permet d’avoir un travail mieux rémunéré. (Slaughter est très drôle quand elle évoque le « syndrome de l’auréole paternelle » : « Quand un père réalise une tâche dont les mères s’acquittent le plus souvent, on les félicite comme s’ils avaient fait quelque chose d’extraordinaire. »)

L’énorme non-dit, le non-dit assourdissant, auquel tout le monde pense mais dont personne ne parle, c’est l’argent. Un article involontairement hilarant, paru début 2015 dans le magazine Fortune, était ainsi intitulé : « Femmes haut placées avec famille nombreuse : trouver le bon équilibre n’est pas si difficile. » Parmi elles, l’article citait Jaime Teevan, une chercheuse qui travaille chez Microsoft et enseigne à l’université de Washington, par ailleurs mère de trois enfants de 6, 8 et 10 ans. Teevan expliquait que son mari et elle « dépensent de l’argent pour des choses qui [leur] facilitent la vie ». Et notamment pour payer un cuisinier chargé de concocter des repas, ensuite congelés pour pourvoir aux besoins de la famille en temps et en heure, si nécessaire.

Slaughter admet que ses ressources ont permis à son ménage de payer une nounou de haute volée quand les garçons étaient petits, puis une femme de ménage à plein temps. Tiens, tiens, me suis-je dit. Je m’étais justement demandé comment cette « croisée du sommeil » autoproclamée était parvenue à préserver ces nuits de sept ou huit heures qui la rendaient « plus joyeuse, plus agréable et assurément plus productive ». Il suffisait de payer quelqu’un pour faire toutes les corvées !

Un autre problème (et ce n’est pas une critique adressée à Slaughter ; elle n’a pas grand-chose à dire sur le sujet) tient à la conception que se font aujourd’hui les femmes actives de ce qu’est une enfance réussie : des gamins sans cesse baladés entre leurs cours de violon, leurs matchs de football et leurs leçons à domicile, qui doivent exceller dans tous les domaines parce que le simple fait d’être un enfant épanoui ne suffit plus.

Si j’en crois mon expérience, et au risque de renforcer le cliché, les femmes qui font des carrières prestigieuses, comme Slaughter, sont souvent perfectionnistes et animées d’une farouche ambition ; elles ont du mal à déléguer ; elles ne se satisfont pas facilement d’un deuxième choix dans tous les aspects de leur vie (et cela vaut aussi pour leurs enfants). Je peux imaginer à quel point ce genre de femme est ébranlée quand elle découvre que sa progéniture a autant besoin d’elle à 13 ou 16 ou même 19 ans qu’à 3 ans. En pareil cas, il est crucial de savoir prendre du champ et permettre aux hommes de s’impliquer davantage (pleinement, et de manière indépendante).

 

Ce qu’il nous faut maintenant, c’est un plus grand nombre de modèles masculins. J’ai applaudi, cette semaine, quand Paul Ryan, représentant du Wisconsin, a déclaré qu’il n’accepterait de présider la Chambre des représentants (le troisième plus haut poste de l’État) que s’il pouvait continuer de jouer son rôle de père auprès de ses trois enfants. Tony Blair, au contraire, avait choisi de ne pas prendre de congé après la naissance de son fils Leo en 2000. Il préféra se mettre en « mode vacances », réduisant quelque peu sa charge de travail. Mais le congé paternité n’a été introduit au Royaume-Uni qu’en 2003, et David Cameron fut le premier Premier ministre britannique à en profiter. L’homme politique de premier plan qui a toujours semblé le plus impliqué dans la vie de sa famille est Nick Clegg [dirigeant des Démocrates libéraux]. Même quand il occupait les fonctions de vice-Premier ministre, il partageait les trajets maison-école avec sa femme avocate, Miriam González Durántez, et se dépêchait de rentrer chez lui le soir pour aider au moment du bain.

Voilà qui mérite d’être salué, mais Durántez, tout aussi occupée et soumise à une extrême pression professionnelle, a piqué une colère bien légitime lorsqu’un journaliste lui demanda comment sa famille s’adaptait à la vie professionnelle de son mari. « Personne ne songerait à lui demander comment lui parvient à tout concilier », souligna-t-elle. Jusqu’à ce qu’on le fasse, force est de constater qu’en effet « l’affaire » reste « en suspens ».

 

Cet article est paru dans Prospect en décembre 2015. Il a été traduit par Arnaud Gancel.

LE LIVRE
LE LIVRE

Une affaire inachevée : les femmes, les hommes, le travail et la famille de Anne-Marie Slaughter, Random House, 2015

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