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L’hyperdémocratie d’Hugo Chávez

Considérer le président vénézuélien comme l’ultime avatar de la gauche révolutionnaire latino-américaine, c’est manquer la nouveauté radicale du phénomène qu’il incarne. Son projet de démocratie directe relève d’une forme inédite de perversion de l’idée démocratique.

Le président vénézuélien Hugo Chávez est entré en politique par une tentative de coup d’État. En 1992, alors qu’il est lieutenant-colonel dans l’armée, il lance à ses camarades, sur une station de radio nationale, un appel à déposer les armes et à se rendre. À en croire la légende qui entoure l’événement, le message n’a pas duré plus d’une minute, mais il a suffi pour conquérir l’imaginaire collectif et propulser Chávez en politique. Le personnage envoûte les Vénézuéliens car il ne ressemble à aucun des dirigeants que le pays a connus. Comme la majorité de la population, Chávez est visiblement d’origine mestiza (métisse). Il s’exprime avec simplicité mais efficacité dans la langue crue de l’intérieur du pays. Il est jeune, d’allure soignée, instruit, charismatique. Surtout, il assume sa responsabilité dans l’échec du putsch. Dans la vie politique vénézuélienne, personne n’endosse jamais la responsabilité de quoi que ce soit. Le message de Chávez touche une corde sensible chez des citoyens profondément désabusés par des années de corruption et de stagnation économique. Ce sentiment de désespoir politique est pourtant relativement récent. Dans les années 1960 et 1970, alors que les autres nations de la région croupissaient sous des régimes autoritaires, le Venezuela faisait figure d’oasis démocratique. Cette situation politique exceptionnelle tenait à l’accord négocié au sein de l’élite dirigeante en 1958 (à la fin de la dictature de Marcos Pérez Jiménez), qui assurait l’alternance au gouvernement des partis de centre gauche et de centre droit, et minimisait les conflits grâce à un dialogue institutionnalisé avec les différents groupes de la société civile. Connu sous le nom de « pacte de Punto Fijo », cet arrangement a bien fonctionné dès le départ, car il garantissait la participation électorale via les partis et canalisait les autres formes d’engagement politique via les associations civiques. Mais, dans les années 1970, le boom pétrolier – le pays est l’un des principaux producteurs mondiaux – et la prospérité qui s’est ensuivie l’ont encore renforcé. La hausse du prix du baril de 3 à 14 dollars a rempli les coffres à ras bord, faisant du Venezuela l’un des pays les plus riches d’Amérique latine. Certains le surnommaient même le « Venezuela saoudite ».   Les émeutes de Caracas sonnent le glas du « Venezuela saoudite » Le pacte de Punto Fijo avait cependant ses défauts. Ce qui était au départ un dialogue politique administré mais fécond se calcifia : sclérosé, le système étouffait les différences d’opinion et empêchait l’émergence d’alternatives politiques. Le fonctionnement des partis, fondé sur leurs liens étroits avec les organisations de la société civile (notamment les syndicats), favorisait la corruption et le clientélisme qui prirent en ces temps de manne pétrolière des proportions gigantesques. Quand les prix du baril s’effondrèrent, dans les années 1980, les revenus du pays chutèrent brutalement. Et le Venezuela découvrit qu’il n’avait pas les moyens de rembourser les énormes emprunts contractés pendant les années fastes. Avec un PNB par habitant en baisse et une inflation galopante, la population réalisa que son niveau de vie n’avait été qu’un mirage subventionné, créé par un gouvernement outrageusement dépensier. En 1989, quand un plan d’austérité doubla le tarif des transports publics, les Vénézuéliens les plus pauvres descendirent des bidonvilles qui entourent Caracas pour se révolter, casser et incendier le centre-ville. Leur rage destructrice fut telle que le président Carlos Andrés Pérez déclara l’état d’urgence et envoya l’armée rétablir l’ordre. Après trois jours de violence et de répression, il ne restait plus trace du « Venezuela saoudite ». Aujourd’hui encore, on ne sait pas vraiment combien de personnes sont mortes pendant les émeutes de Caracas : le chiffre officiel est d’environ trois cents, mais d’autres sources font état de milliers de victimes. Tandis que les émeutes révélaient l’ampleur du mécontentement et de l’aliénation politique des couches les plus défavorisées de la population, la réponse répressive du gouvernement témoignait de sa réticence à négocier respectueusement avec les déshérités leur intégration au système. Pour sortir de la crise de légitimité qui s’ensuivit, certains suggérèrent un vaste plan de réformes. D’autres, dont Chávez, pensèrent qu’il fallait faire table rase du régime. C’est dans cet esprit qu’eut lieu le putsch de 1992. Au mépris de la tradition apolitique de l’armée, Chávez et les officiers acquis à ses idées étaient persuadés que l’institution la plus respectée et la moins corrompue du pays avait un rôle crucial à jouer dans l’éviction de l’élite dirigeante et la transformation de la démocratie vénézuélienne. Ils espéraient aussi que leur action militaire déclencherait une révolte populaire. Ils réussirent à électriser cette population lassée de tout, mais la rébellion, elle, échoua lamentablement, expédiant les conspirateurs en prison. Chávez tira le meilleur profit possible de son séjour derrière les barreaux, peaufinant ses idées révolutionnaires et se gagnant d’importants soutiens politiques. La prison de Yare, où tous les officiers putschistes étaient incarcérés, ne tarda pas à devenir le lieu de pèlerinage des journalistes, des intellectuels et des hommes politiques, dont beaucoup s’avéreraient plus tard des alliés utiles. L’initiative militaire isolée se transforma peu à peu en mouvement social et politique. Il semblait même que Chávez pût compter sur la popularité que lui avait value son coup de force pour se confectionner une carrière politique, en conquérant par les urnes ce qu’il n’avait pu obtenir par la force. Cette voie institutionnelle se révéla bientôt moins irréaliste que prévu : en 1994, il fut gracié et, dès 1998, il était candidat à l’élection présidentielle. Durant la campagne, alors que les candidats des partis de gouvernement avaient le plus grand mal à renouer le dialogue avec une population mécontente et que les candidats indépendants se contentaient de parler réforme, Chávez sillonnait le pays en les étrillant tous dans un langage haut en couleur, les accusant d’être coupés des réalités.   Une certitude : Chávez a tenu ses promesses de campagne Son slogan – « Avec Chávez, le peuple ne peut jamais être vaincu » – n’était pas un simple leitmotiv inspiré d’un mantra latino-américain (« Le peuple uni ne sera jamais vaincu (1) »). Il annonçait aussi un plan d’action. La pierre angulaire de sa campagne était le rassemblement des pauvres – les deux tiers de la population – en une puissante force politique. Cela ne présentait guère de difficultés. Il suffisait d’ouv
rir la boîte de Pandore pour voir se déverser un flot de ressentiments de classe et de race. Chávez devint le sauveur venu libérer les masses, et il ne craignit pas de cultiver cette fibre messianique. Sa rhétorique eschatologique inquiéta de nombreux Vénézuéliens, qui se demandaient s’il n’essayait pas de raviver les vieux rêves du Che Guevara. Ses déclarations chaleureuses à l’égard de Castro et de Mao n’arrangeaient rien. Mais les masses qui s’étaient emparées de la rue lors des émeutes de Caracas n’avaient que faire de ces subtilités idéologiques. Après avoir remporté une victoire électorale écrasante, Chávez prêta serment en février 1999, la main posée sur la Constitution de 1961 – dont il signerait bientôt l’acte de décès. S’il est une chose qu’on peut affirmer avec certitude, c’est que Chávez a tenu ses promesses de campagne. Au cours des quatre années qui ont suivi sa prise de fonction, il a démantelé l’appareil d’État, convoqué une Assemblée constituante, ratifié une nouvelle Constitution, créé la Ve République et s’est fait réélire dans le cadre de ce nouvel ordre juridique (2). Cette transformation politique a exigé de lui un énorme effort de propagande, qui n’a jamais cessé. Son émission radiotélévisée hebdomadaire Aló, Presidente (« Allo, Président ») est la tribune la plus spectaculaire de cette campagne médiatique. Elle tient plus du talk-show matinal que de l’allocation présidentielle. Chávez y donne quelques leçons d’histoire, recommande des livres, partage des recettes, présente des reportages et parle de sa famille. Mais le cœur de l’émission, ce sont les appels téléphoniques. Les Vénézuéliens qui souhaitent parler au président, à leur président, peuvent tout simplement lui téléphoner. Ces appels ne portent pas seulement sur les questions politiques. Souvent, les gens veulent simplement lui raconter leur vie, leurs problèmes personnels, leur cœur brisé. L’émission, qui peut durer longtemps (le record est jusqu’à présent de cinq heures (3)), montre Chávez sous son jour le plus populiste, buvant sa tasse de café en survêtement aux couleurs du Venezuela. Ses détracteurs ont raison de souligner son inquiétant air de famille avec les révolutionnaires d’extrême gauche et les caudillos d’antan. Le plus marquant de ces précurseurs reste sans doute Juan Domingo Perón, président de l’Argentine de 1946 à 1955 (qui revint au pouvoir en 1973 pour moins d’un an), symbole imposant (et effrayant) du populisme latino-américain. Perón, qui comme Chávez entra en politique par la voie des armes et un coup d’État, remodela le paysage politique argentin en se faisant fort de représenter les millions d’ouvriers qui composaient alors la classe urbaine pauvre et marginalisée – la force politique la plus importante et la plus exclue de l’époque. Comme Chávez, ce leader charismatique et habile politicien triompha des élites politiques en place en intégrant les masses dans le système. Elles devinrent ses alliées inconditionnelles, lui devant l’amélioration des conditions de travail, de meilleurs salaires, plus de congés et l’inscription d’une longue liste de droits sociaux dans la Constitution. Mais, malgré les similitudes, le chavisme n’est pas une simple renaissance du péronisme. Car le phénomène Chávez comporte un trait singulier, plus inquiétant car plus en phase avec notre époque post-totalitaire : son élan démocratico-messianique. La polarisation actuelle de la société vénézuélienne ne doit pas être vue comme le simple remodelage du vieil affrontement droite-gauche en Amérique latine, un nouvel exemple du mouvement de balancier latino-américain entre révolution et réaction. Il s’agit d’un combat politique plus conséquent et plus marquant sur le sens de la démocratie au XXIe siècle. Aux prises, deux visions antagonistes : la démocratie comme système tempéré de gouvernement et la démocratie comme forme politique de rédemption. Chávez prêche une conception eschatologique de la démocratie. Il a une grande importance historique, car il incarne une perversion singulière de la vaste entreprise contemporaine de démocratisation. Il se voit comme le rédempteur bolivarien de la démocratie. La fascination de Chávez pour Bolivar, le grand général sud-américain héros de l’indépendance du Venezuela au début du XIXe siècle, n’a rien d’unique. Tous les gouvernements du pays, et peut-être même toutes les autres nations andines qu’il a libérées, l’ont hissé au rang d’icône. La nouveauté, semble-t-il, tient à l’intérêt de Chávez pour l’analyse politique que fit Bolivar de l’Amérique latine coloniale et pour ses propositions institutionnelles concrètes. Aux yeux de Bolivar, une fois l’indépendance acquise, les provinces administratives créées sous domination espagnole n’auraient de chance de survivre, de se construire politiquement et de résister à toute tentative de reconquête coloniale qu’en se regroupant en une sorte de fédération. Même s’il eût préféré que cette structure fédérale regroupe l’ensemble du continent hispanophone, Bolivar suggéra des accords moins ambitieux de coopération et de défense mutuelle. Chávez a fait sienne cette idée. Concernant l’organisation interne des nouvelles sociétés, Bolivar tenait l’égalité pour le droit primordial des citoyens et pensait, avec Rousseau, que la participation politique est l’unique moyen de donner corps à ce droit. Mais il craignait aussi que la population de ces toutes jeunes nations manque de la vertu civique essentielle au bon fonctionnement du gouvernement participatif. Pour pallier cette faiblesse, Bolivar confiait à un État actif et paternaliste la charge d’éduquer le « peuple » et de faire de ses membres des « citoyens ». Chávez a réinterprété ces idées en faisant de la participation politique la principale composante de son message bolivarien, mais sans se soucier des craintes de son prédécesseur à propos de la vertu civique. Dans son bolivarisme au rabais, la participation est à la fois une fin et un moyen : les gens du « peuple » doivent devenir des citoyens, dont la mission principale est de participer en masse. Ce que Chávez entend vraiment par émancipation politique, c’est la politique de masse.   La symbiose de l’armée et du peuple Bolivar a forgé nombre de ses idées politiques au contact de son professeur et mentor, Simón Rodríguez. Né à Caracas en 1771, ce philosophe utopiste, nourri au lait des penseurs européens, a souvent été surnommé « le Fourier de l’Amérique du Sud ». Certes, l’influence de Rodríguez sur les idées de Chávez est indirecte, mais les réflexions du précepteur de Bolivar sur la nécessité, pour l’Amérique latine, de solutions politiques endogènes ont laissé une marque profonde dans l’esprit du président vénézuélien. Dans Invención o error (« Invention ou erreur »), un texte rédigé en 1828, Rodríguez observait : « Sur quoi devons-nous prendre modèle ? L’Amérique hispanique est une entité originale. Ses institutions et son gouvernement doivent l’être également. De même que leur processus de création. Ou nous inventons, ou nous échouons. » C’est exactement la conception de Chávez : la foi dans le caractère unique de sa fonction historique, conjuguée à la foi dans la mise en place d’institutions politiques ad hoc. Au centre de l’univers bolivarien du président vénézuélien, on trouve la symbiose de l’armée et du peuple. Une idée empruntée au général révolutionnaire Ezequiel Zamora. Pendant la guerre civile qui déchira le Venezuela dans les années 1860, celui-ci prit la tête des troupes dites fédéralistes, en lutte contre le gouvernement oligarchique. Pour nombre de Vénézuéliens, dont Chávez, l’engagement de Zamora dans une révolte populaire mais menée par l’armée, contre l’injustice sociale était d’inspiration bolivarienne. Mais, si Bolivar était lui-même un grand soldat soucieux de justice sociale, ses projets en matière de participation étaient plus tournés vers l’apprentissage de la vertu civique que vers la révolte armée. Zamora, en revanche, tenait les soulèvements de paysans en armes pour la seule force politique susceptible de conquérir la participation et la justice sociale pour les défavorisés. Le langage de Chávez rappelle souvent l’un des slogans de Zamora : « Des hommes libres, un pays libre, le suffrage universel et la haine de l’oligarchie. » Dans les années 1990, ce cocktail idéologique très singulier semblait absurde : populisme, utopisme, et une touche de marxisme, le tout paré des couleurs du drapeau national. Pourtant, quiconque a lu attentivement la nouvelle Constitution sait que cette variante du bolivarisme a désormais force de loi au Venezuela. La nouvelle Constitution est la traduction institutionnelle de cette idéologie. En créant des instruments de démocratie directe comme les lois d’initiative populaire, les référendums consultatifs et révocatoires ou encore les assemblées populaires (4), le nouveau texte entend surmonter la fragilité de la démocratie représentative en la remplaçant par ce que Chávez appelle un système « protagoniste », ou democracia protagónica (« démocratie protagonique »). Ce lien pratiquement direct entre le chef et la nation est encore renforcé par la rationalisation du pouvoir législatif dans la nouvelle Constitution (le système bicaméral cédant le pas à une seule chambre, l’Assemblée nationale) et la consolidation du pouvoir présidentiel (le mandat est passé de cinq à six ans, et le chef de l’État peut désormais être candidat à sa propre succession). Par ailleurs, même si le texte n’a que légèrement amendé les lois existantes pour accorder le droit de vote aux militaires, le rôle de l’armée dans la vie civile et politique a été substantiellement développé à travers le programme de coopération civils-militaires Bolivar 2000 (5). Enfin, la Constitution intègre l’idée d’une fédération régionale, en stipulant que l’intégration latino-américaine et caribéenne sera encouragée et favorisée par la République bolivarienne afin de créer une « communauté de nations qui défendent les intérêts économiques, sociaux, politiques et écologiques de la région ». Cette nouvelle Constitution a considérablement modifié la culture politique du pays. Entrez dans n’importe quelle entreprise, rendez visite à un grand patron sympathisant de l’opposition ou à un journaliste hostile à Chávez, et vous verrez sur leur bureau le petit livre bleu du Président, une Constitution bolivarienne au format de poche. Chávez n’est pas le seul à le brandir quand il prend la parole, tous les citoyens semblent en avoir fait leur viatique. La Constitution est devenue la nouvelle religion civile du pays. Et les Vénézuéliens semblent avoir totalement mordu à l’hameçon de la « démocratie protagonique ». Quel que soit le problème, la solution préférée de la population est : descendre dans la rue, lancer des campagnes, s’organiser, manifester, vociférer. Cet exercice permanent de démocratie de rue a transformé le pays en ce qu’il faut bien appeler une hyperdémocratie, un État régi par les passions politiques, où aucun camp (qu’il s’agisse du pouvoir ou de l’opposition) ne semble capable de proposer des solutions responsables. La terrible crise politique que connaît le Venezuela (6) n’est pas une crise de pénurie, mais d’excès, démocratique. Le pays traverse une expérience politique : la conception messianique de la démocratie a été inscrite dans l’ordre juridique et les classes populaires, désormais convaincues que la participation est synonyme de salut, gouvernent directement avec et à travers le président, en court-circuitant toutes les autres institutions, sauf peut-être l’armée. Comme vous le dira n’importe quel chauffeur de taxi de Caracas : avec Chávez, le peuple gouverne. Comment convaincre un peuple qui a fini par concevoir la démocratie comme une forme de rédemption qu’il existe des conceptions plus modérées, et véritablement démocratiques, de la politique ? Il ne faut pas négliger la radicale nouveauté du phénomène Chávez, ni sous-estimer les implications plus larges de la transformation politique du Venezuela. Considérer ce président comme la réincarnation d’une gauche révolutionnaire en faillite, c’est réduire la portée de son projet messianico-démocratique. Chávez n’écrit pas un chapitre de l’histoire de la révolution, mais un chapitre de l’histoire de la démocratisation. Son idéal de « démocratie protagonique » fait mouche, car il répond au scepticisme général en Amérique latine sur la valeur de la modération politique. Et cette frustration engendrée par la banalité de la démocratie au quotidien est un phénomène de plus en plus courant, au Venezuela comme ailleurs sur le sous-continent. Le danger serait que ces sociétés, dans leur désillusion à l’égard de la politique partisane, assimilent tragiquement ce mécontentement à un dégoût de la démocratie et cèdent à l’ivresse de l’hyperdémocratie. Mais celle-ci n’est pas synonyme d’un surcroît de démocratie. Bien au contraire. Elle constitue une pathologie de la démocratie, une pseudo-démocratie. Les conséquences de ces excès populistes sont visibles aujourd’hui au Venezuela, et c’est véritablement alarmant.   Cet article est paru dans The New Republic, en février 2003. Il a été traduit par Johan Frédérik Hel Guedj.     → Lire aussi notre entretien avec Naomi Daremblum : «Chavez dicte le chemin vers la terre promise »  

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