Mia Couto, les mille et une vies d’un « petit attardé »

Est-ce ainsi, en inventant des vies aux passants en attendant des heures devant une boulangerie, qu’on devient écrivain ? C’est sans doute ainsi, en tout cas, que l’est devenu le grand romancier mozambicain, qui dévoile ici, en confidence, ses vies multiples : poète, journaliste, romancier, biologiste, chef d’entreprise… Toutes vouées à un seul culte, celui des mots.

« Elle est encore en train de naître. La nation, dans le cas du Mozambique, est fidèle à l’étymologie du mot. La nation que nous formons est semblable à la nature : lieu de naissance, foyer d’êtres qui, à leur tour, donnent naissance au lieu. Ma nation est encore pauvre, à la recherche d’un cadre unique pour ses innombrables visages. Et je répète ce que j’ai déjà dit ailleurs : il n’est pas de pire malheur pour une nation pauvre que de produire non pas de la richesse, mais des riches », confiait en 2012 Mia Couto au Jornal de Letras. Le Mozambique, ce pays qu’il raconte dans ses chroniques, ses essais, ses nouvelles, ses romans, est indissociable de son œuvre. L’écrivain qui vient de recevoir le prix Camões, la plus prestigieuse distinction des lettres lusophones, est né en 1955 dans la ville de Beira, de parents portugais venus s’installer là à la fin des années 1940, en quête d’une vie nouvelle. Son père, Fernando Couto, récemment décédé, était journaliste et poète. Sa mère, Maria de Jesus, femme au foyer. Avec ses deux frères, Fernando et ...
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