Nicholas Carr : « Nous déléguons trop de tâches aux machines »

C’est une évolution inquiétante. Contrairement à ce qui s’est passé lors des révolutions industrielles précédentes, la machine numérique prend souvent en charge tout ou partie du travail intellectuel. L’automatisation a tendance à fortement réduire nos capacités d’action et de réflexion.


© Scott Keneally

Nicholas Carr : « Il faudrait une automatisation centrée sur l’humain, dans laquelle les systèmes seraient conçus pour aider les gens au lieu de tenter de les contourner. »

Le blogueur et essayiste américain Nicholas Carr est l’un des plus importants (et virulents) critiques du numérique. En juillet 2008, il a publié dans The Atlantic un long article qui a fait grand bruit : « Google nous rend-il stupides ? » L’article est devenu un livre, Internet rend-il bête (Robert Laffont, 2011). D’autres ouvrages sur Internet ont suivi.   L’automatisation a atteint un ­niveau de perfectionnement dont nous n’aurions pas osé rêver il y a ­encore quelques ­années. Comment l’expliquez-vous ? Par une série de progrès simultanés dans des domaines cruciaux : d’abord ce qu’on appelle la « perception par ­machine » – les divers systèmes sensoriels comme le ­radar, le laser et la cartographie numérique, qui permettent aux robots de se déplacer dans le monde réel ; ensuite le traitement ­automatique du langage naturel, grâce ­auquel les ordinateurs peuvent interpréter des questions et des instructions écrites ou parlées. Il y a aussi les moteurs de ­recherche, qui extraient très rapidement une information pertinente d’énormes bases de données. Mentionnons, enfin, l’apprentissage automatique,...
LE LIVRE
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Remplacer l’humain. Critique de l’automatisation de la société de Nicholas Carr, L’Échappée, 2017

ARTICLE ISSU DU N°87

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