Visitez Jefferson, le 51e État des États-Unis
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Visitez Jefferson, le 51e État des États-Unis

Écrit par La rédaction de Books publié le 13 juin 2017

< a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:State_of_Jefferson_Barn.jpg">State of Jefferson

Porto Rico a renouvelé dimanche par référendum son souhait de devenir le 51e état des États-Unis. Il n’est pas le seul à vouloir ajouter une étoile à la bannière américaine. Dans son roman 51st State, Peter Preston imagine l’Angleterre dans le rôle du 51e. Plus concrètement, le District de Columbia a affirmé lors d’un vote en novembre dernier sa candidature au statut d’État à part entière. Mais pour de nombreux habitants du sud de l’Oregon et du nord de la Californie, le 51e état existe déjà. Ils y vivent. Il s’appelle : Jefferson. Comme le raconte le journaliste Peter Laufer dans The Elusive State of Jefferson, une grande partie de cette région arbore le nom et les couleurs de cet État. Il n’est cependant présent sur aucune carte. Officiellement, il n’existe pas.

Sa création est un serpent de mer qui amuse les touristes et échauffe les esprits depuis des décennies. C’est en 1941 qu’elle a été le plus proche d’aboutir. Gibert Gable, maire de Port Orford, réussit à attirer l’attention de toute la nation en menaçant de faire sécession si l’Oregon ne subventionne pas les routes nécessaires à l’économie de sa région. Les Américains, lassés par les discussions sur la guerre, se passionnent pour cette histoire.

Si l’idée est restée populaire, souligne Laufer, c’est qu’elle résonne dans l’imaginaire de l’habitant de l’Ouest. Il se voit en individualiste forcené capable de tout faire par lui-même, comme au temps des pionniers. Aujourd’hui, les partisans de Jefferson sont persuadés que leurs États officiels méconnaissent leurs problèmes et les étouffent financièrement. Leur solution consiste à faire sécession et à obliger le gouvernement fédéral à céder les terrains qu’il administre au nouvel État. Celui-ci pourrait en vendre le bois, les minerais et les autres ressources. Mettant de côté les réalités politiques et économiques, les sécessionnistes ont fini par croire à leur propre propagande, précise Laufer. Mais pour autant leur action convaincra peut-être l’Oregon et la Californie de prendre en compte leurs problèmes. « Une petite rébellion de temps en temps est une bonne chose, écrivait Thomas Jefferson. C’est une médecine nécessaire à la bonne santé d’un régime. »

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