Shukuk
De Cabeza (c) Jorge Miguel Blasquez
Au faîte de la civilisation arabe, le mot shukuk (« doutes ») avait fini par désigner un genre littéraire, dans lequel un savant présentait des objections à l’enseignement d’Aristote, de Ptolémée ou de tel autre maître de la science grecque. C’est ainsi que le grand médecin et philosophe persan Al-Razi, appelé par le calife abbasside à diriger l’hôpital de Bagdad au tout début du Xe siècle, écrivit Doutes sur la théorie de Galien et sur la façon dont ses successeurs s’en servent aveuglément. Dans un ouvrage dicté alors qu’il avait perdu la vue, il écrit ces fiers propos : « Je ne suis jamais entré au service d’un roi, d’un chef militaire ou d’un administrateur, et s’il m’est arrivé de converser avec un roi, ce ne fut jamais sur des questions allant au-delà de ma responsabilité et de mes conseils de médecin. » Il était libre-penseur : « Les prophètes sont au mieux des imposteurs […]. L’homme ordinaire est parfaitement capable de penser par lui-même et n’a besoin d’être guidé par personne. »
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Pour ceux que l'histoire de Carthage intéresse, je signale la parution d'un roman très documenté sur la capitale d'Afriquia au moment du grand basculement qu'a entraîné la fulgurante propagation de l'islam sur ces terres chrétiennes. La cinquième épice est paru aux Editions du Devin. http://www.devin-editions.fr/ http://www.la-cinquieme-epice.com/5emeepice/