Les impostures de la recherche médicale

L’affaire du Médiator est la partie émergée d’un iceberg : la plupart des études médicales publiées dans les revues scientifiques ne sont pas fiables. Y compris les travaux les plus respectés. Ce stupéfiant constat est le résultat du patient travail d’analyse d’une équipe grecque, dont les conclusions sont admises par la communauté scientifique.


En 2001, une rumeur s’est mise à circuler dans les hôpitaux grecs : des internes en chirurgie, avides d’accumuler les heures de bistouri, diagnostiquaient de fausses appendicites à de malheureux immigrés albanais. Athina Tatsioni, doctoresse fraîche émoulue de la faculté, discutait de l’affaire avec des collègues, au CHU de l’école de médecine de l’université de Ioannina, en Épire, quand un professeur ayant surpris la conversation lui demanda si elle aimerait tenter de vérifier la véracité de l’histoire. Elle accepta et parvint à montrer que les appendices ôtés sur des patients au nom albanais étaient trois fois plus souvent parfaitement sains que les organes prélevés sur des malades au patronyme grec, dans six hôpitaux du pays. En fait, l’étude avait constitué pour elle une sorte d’audition. Il s’avéra que le professeur avait rassemblé autour de lui une équipe de jeunes cliniciens et chercheurs exceptionnellement hardis et curieux, pour s’attaquer à un programme inhabituel et controversé. Au printemps 2010, j’ai assisté à l’une des réunions hebdomadaires du groupe sur le campus de l’école de médecine. Athina Tatsioni et les huit autres jeunes chercheurs...

ARTICLE ISSU DU N°20

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