Société & politique

Jeudi 26 janvier 2012

Numéro 29

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Le culte des stars est-il religieux ?

Futile, le culte des célébrités qui imprègne nos sociétés ? Débiles, ces adolescents obsédés par leurs idoles ? Moins qu’on le croit, répond un théologien peu conformiste. Le monde des people, où le sordide côtoie le sublime, fait office de magasin des modes de vie. Comme hier la mythologie, il offre du sens et d’indispensables points de repère.

Le Livre

De l’inconduite des dieux
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Pete Ward est maître de conférences en théologie au King’s College de Londres. Il est l’auteur de nombreux livres, dont Liquid Church (« L’Église liquide »), où il se fait l’apôtre d’une institution plus en phase avec l’époque : flexible, fluide, adaptable, comme l’eau.

par Pete Ward

Baylor Univiersity Press

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En 1996, le chanteur Jarvis Cocker, du groupe Pulp, fit irruption sur scène lors de la cérémonie des Brit Awards, l’équivalent britannique des Victoires de la musique. Michael Jackson était en train d’interpréter Earth Song. Il avait surgi d’une image géante de la Terre, auréolé de lumière blanche. Les bras en croix, s’était mis à chanter pour la planète, peu à peu rejoint par une foule déguenillée. Vers la fin de la chanson, il avait enlevé sa chemise et son pantalon pour découvrir des vêtements d’une blancheur immaculée. De nouveau baignée de lumière, la pop star se tenait debout, comme crucifiée. La foule s’avançait lentement vers lui, et il touchait ou baisait le front de chacun, comme pour une bénédiction. À la fin, il resta seul avec un petit groupe d’enfants. Tenant par la main une fillette, il parla de la destruction de la planète, affirmant que nous pouvons changer le cours des choses. « Je crois en vous, je vous aime », lança-t-il, avant de se retourner pour quitter le plateau, entouré des gamins. Pour Cocker­, cela dépassait les bornes. Il grimpa sur scène et se pencha en se tapotant le derrière en direction de Jackson. En juin 2010, quatorze ans après l&r (...)

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Notes

 

1| Accusé d’abus sexuel sur mineur, Michael Jackson a été jugé en 2005 et acquitté.

2| Ellis Cashmore, Celebrity/Culture, Londres, Routledge, 2006. Non traduit.

3| Daniel Boorstin, cité dans Graeme Turner, Understanding Celebrity, Sage, 2004.

4| Chris Rojek, cité dans Ellis Cashmore, op. cit.

5| James Twitchell, Lead Us Into Temptation (« Soumettez-nous à la tentation »), Columbia University Press, 1999 (non traduit).

6| Émile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, PUF, 2008 (1re édition 1912).

7| Plus de 390?000 Britanniques (0,7?% de la population), fans de Stars Wars, avaient répondu « Chevalier Jedi » à la question de leur appartenance religieuse, posée pour la première fois lors du recensement de 2001. Beaucoup étaient des plaisantins. Mais une Église internationale de jediisme s’est néanmoins constituée, et entend faire reconnaître ses droits religieux.

8| James Twitchell, Adcult USA, Columbia University Press, 1996.

9| Stuart Hall, « Who Needs “Identity”? », in Stuart Hall et Paul du Gay (dir.), Questions of Cultural Identity, Sage, 1996.

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Pete Ward

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Pete Ward est maître de conférences en théologie au King’s College de Londres. Il est l’auteur de nombreux livres, dont Liquid Church (« L’Église liquide »), où il se fait l’apôtre d’une institution plus en phase avec l’époque : flexible, fluide, adaptable, comme l’eau.

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