Comment 2020 est devenue l’année de la guillotine

De la France au Japon, des États-Unis à Israël, des mécontents de tout bord brandissent la guillotine pour exprimer leur défiance à l’égard du pouvoir. Omniprésente aussi sur les réseaux sociaux, elle est un symptôme de la crise des démocraties libérales.


© Laurent Hazgui / Divergence

C’est en France que l’usage du symbole est le plus spectaculaire. Ici une manifestation des Gilets jaunes à Paris, en décembre 2018.

À la fin du mois de mars, alors que le monde entier ou presque achève de se confiner, l’ombre du couteau de la guillotine s’étend subitement sur les réseaux sociaux. Le hashtag #guillotine2020 apparaît soudainement en tête des mentions sur Twitter aux États-Unis, puis en Europe. En cause, la mise en ligne de vidéos de stars donnant fort peu oppor­tunément, depuis leur luxueuse base de repli, des conseils de « vie confinée » à des internautes plus qu’exaspérés par la situation. Si ce hashtag a rencontré un aussi vif succès, c’est que, depuis quelques mois, la guillotine est devenue un accessoire familier pour bon nombre de citoyens mécontents sur les deux rives de l’Atlantique.

Les usages politiques « antisystème » de la guillotine ne sont pourtant pas une nouveauté. La machine à décapiter, inventée en France en 1792, est régulièrement utilisée dans les manifestations anti­capitalistes depuis au moins les ­années 1990. En 2011, un groupe d’acti­vistes anti-G20 avait même été arrêté à Londres en marge des cé...

LE LIVRE
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Innocent rouge, volume 9 de Shin’ichi Sakamoto, Delcourt/Tonkam, 2020

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