Au temps des asiles

Au temps des asiles

Une Britannique, ancienne internée, porte un jugement nuancé sur les hôpitaux psychiatriques.

Publié dans le magazine Books, mai 2014.
En 1981, une jeune historienne prometteuse, auteure d’un premier livre remarqué sur le féminisme au XIXe siècle, se lançait dans la rédaction d’une biographie de Mary Wollstonecraft, pionnière britannique du droit des femmes. Pourtant, le livre ne paraîtrait que bien des années plus tard : à la suite d’une dépression brutale, la jeune femme sombra dans la folie. Barbara Taylor raconte dans The Last Asylum sa descente aux enfers et ses vingt années de lutte pour guérir. Vingt ans de thérapie intensive et de médicaments, avec plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Aujourd’hui tirée d’affaire, elle enseigne les humanités à l’université Queen Mary de Londres. Les lecteurs britanniques se passionnent pour ce récit intime et douloureux, qui témoigne aussi des changements survenus dans la prise en charge des malades mentaux au Royaume-Uni. C’est en effet dans les années 1980 et 1990 que les grands asiles psychiatriques anglais, vestiges de l’époque victorienne, ont fermé leurs portes, cédant la place à des structures plus petites et dispersées. Principalement motivée par des raisons budgétaires, cette réforme avait officiellement pour but de « réduire la contrainte et la dépendance du patient interné en lui donnant davantage d’autonomie », explique Sarah…
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